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Double-croches, noire

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Catiel L. Vega
Maître chien
Jeu 10 Nov 2016 - 21:12
Mamita yo se que tu no te me va' a quitar (duro!)
Lo que me gusta es que tu te dejas llevar (duro!)
To los weekenes ella sale a vacilar (duro!)
Mi gata no para de janguiar porque


Il boite encore un peu mais il recommence à faire des rondes dans la prison. Elles sont courtes pour l’instant, moitié moins grandes que celles qu’il avait pris l’habitude de faire, et Catiel se retrouve souvent à s’arrêter pour se reposer contre un mur. Il en profite pour surveiller, statique, tout ce qui se passe sous ses yeux. Personne n’a saisi l’occasion pour déroger au règlement devant sa face, peut-être parce que Corto n’est plus tellement en laisse. Peut-être parce qu’il trimballe sa laisse en chaîne avec lui en permanence, qui sait, il a réussi à entendre des rumeurs comme quoi il risque de la transformer en véritable fouet si on lui cherche des crosses.
Toujours est-il que tant que le maton ne récupérera pas sa vitesse d’intervention habituelle, son chien à la morphologie de hyène continuera de profiter d’un passe-droit. C’est supposé être temporaire. Il verra s’il ne continuera pas après sa guérison, parce que les détenus tranquilles sont un vrai cadeau des cieux qu'il s'est littéralement saigné à obtenir.
En attendant de décider de l'avenir de la liberté de circulation de son binôme il se remet donc, continuant à faire acte de présence, imposant sa petite silhouette trapue dans des couloirs, rauquant les mêmes ordres avec la même voix puissante. C’est pas une paire de balles dans le corps ou une épaule taillée à coups de lame qui vont l’arrêter de si tôt. Il a le cuir plus épais que ça depuis le temps.

Cet après-midi, sa corvée personnelle se situe devant les salles de cours. Un coin absolument passionnant où rien ne se passe s'il en croit les autres gardiens, parfait pour un vieux latino blessé récemment : il ne s'en plaint pas, il lui faut un peu de repos. Une heure ou deux à marcher tranquillement devant des portes de salles dans lesquels trois pelés utilisent du matériel sous la vague supervision d'un prof ne lui semblent pas insurmontables…
Sauf qu’il est un homme d’action. Une heure passe sans la moindre activité suspecte, Cat s'ennuie sec maintenant. Il n'y a rien à faire à part regarder pour la sixième fois les mêmes portes défiler. Il a en plus une musique horriblement répétitive dans la tête, ce qui veut dire qu'il tape les talons sur le béton en rythme. Clac-clac-clac, dame mas gasolina !
Une forme d’enfer terriblement cliché où il s’est enfermé tout seul.

- Oh, et merde.

Il est seul dans ce fichu couloir, personne ne passe depuis presque une demi-heure, il a bien le droit de s'accorder une pause. Il n'a qu'à laisser la porte de la première salle du couloir ouverte, s’affaler les jambes sur le bureau et garder un oeil vif. Personne ne viendra lui chercher des poux dans la tête pour ça.
Le maître-chien met son plan à exécution immédiatement. La porte est ouverte en grand à coups d’épaule, à priori c'est une salle de musique -il y a des instruments, ça ne risque pas d'être la salle de poterie en fait. A peine le temps de chanter un couplet dans sa tête que le barbu est déjà effondré dans la chaise du prof, pieds sur la table, chien allongé sous le bureau, sucrerie dans la bouche. Et il se balance légèrement sur son assise, parce que la sécurité et monsieur Vega font deux.
Vu de l'extérieur de la pièce, on doit tout juste voir ses grosses bottes posées sur la surface de bois. Pas de tête rasée à deux millimètres qui dépasse, pas de fessier de Corto qui est caché sous le meuble. Juste deux pieds, les chaussures de sécurité, accompagnés d’une voix grondante chantonnant en espagnol.

A ella le gusta la gasolina (dame mas gasolina!)
Como le encanta la gasolina (dame mas gasolina!)
A ella le gusta la gasolina (dame mas gasolina!)
Como le encanta la gasolina (dame mas gasolina!)
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Sam 12 Nov 2016 - 3:25
Silver avança dans le corridor pour rejoindre, comme d'habitude, la salle de musique. Il fut tout à coup étonné d'y entendre quelqu'un. Généralement, il y était seul et personnes n'arrivait avant lui. Là, non seulement il n'y serais pas seul, mais la personne était arrivée avant lui et chantait fort en espagnol.

Avec un grand sourire, il entre doucement dans la pièce sans faire de bruit. Surprise, c'était un gardien ! Quelle étrange situation quand même.

- Et bien, je ne m'attendais pas à cela. Vous chantez très bien, une belle voix forte et virile. C'était très bien.

Il lui fit un grand sourire, aucunement empreint d'un quelconque malaise ou de malices. Visiblement, ce gardien et son toutou ne s'attendaient pas du tout à avoir de la visite dans ces lieux si calmes, car sinon, il n'aurait pas commencé à chanter. Silver vint s'asseoir sur une table, face au gardien, le regardant en souriant.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Dim 13 Nov 2016 - 21:27
Une voix ! Un inconnu qui l’interrompt en plein milieu de son interprétation délicate comme un éboulis de Gasolina ! Catiel en est tellement perturbé qu’il manque de se laisser partir en arrière sur sa chaise. Seul un coup de paume sec sur le mur le sauve de la chute ridicule en reposant les pieds avants de sa chaise au sol. Du coup ça claque fortement contre le béton, Corto sursaute lui aussi. Il sort même de sa niche improvisée pour se tirer de la zone à portée des âneries de l’humain. Ce chien est aussi intelligent que vexant pour son maître parfois.
Avant de regarder qui l’a arrêté en plein couplet, le brun presque-rasé tient à mettre quelque chose au clair.

- Non, je chante pas bien.

Franchement pas besoin de le pipeauter, il n’a jamais poussé sa voix que sous la douche, seul. Et il n’a pas spécialement les cordes vocales pour faire un récital, tant il les use à aboyer des ordres, à courir la gorge à l’air en milieu d’hiver ou à retomber dans la cigarette. De toute façon, il n’a pas besoin de savoir chantonner bien pour faire son travail. Il lui suffit de garder un oeil sur de sales types en ayant l’air aussi mal aimable que possible, c’est facile.
Le détenu qui est devant lui est un inconnu, mais vu sa chevelure il n’y a pas cinquante possibilités au milieu des dossiers qu’il a lus. Ambrose, Silver. Complicité de meurtre, prostitution, présent entre les murs depuis plus longtemps que lui.
Ce n’est pas un des plus dangereux, mais Cat refuse de baisser sa garde maintenant qu’il s’est assez fait charcuter pour apprendre la leçon. Il observe donc le jeunot aux cheveux blancs en silence, gardant le bureau entre eux pour plus de sécurité. Vu comment est taillé le gamin, il peut lui casser un bras sans trop de peine : peut-être que les précautions du latino sont un peu abusives mais il s’en fiche. Il enlève même la laisse de sa ceinture pour la poser sur la table, histoire de bien faire comprendre que son chien est libre de ses mouvements. Si attaque il doit y avoir, elle sera rapide.

- Vous souhaitez la salle pour vous tout seul, monsieur Ambrose ?

Cat a un ton neutre, malgré les grondements qui roulent dans sa voix. Il n’est pas responsable de sa voix de brutasse, pas plus que de son air peu sympathique -quoi que s’il consentait à défroisser ses sourcils, il pourrait peut-être faire moins peur.

- Je peux vous laisser pour que vous jouiez ou je sais pas quoi.

Il fait preuve d’une belle politesse, il faut le souligner. Le sourire de Silver a beau le stresser -qu’est ce qu’il lui veut à le regarder comme ça ? Le planter ?-, il arrive à rester à peu près tranquille. Son cabot, lui aussi, se tient bien assis près du bureau comme une brave bête parfaitement dressée. Aux mouvements de ses oreilles, le gardien sait qu’il n’attend qu’un ordre pour agir. Pour les deux membres du binôme, la pause a pris fin à l’arrivée d’une tenue orange dans la pièce.
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Ven 18 Nov 2016 - 22:43
Le gardien semblait vouloir démontrer sa supériorité et lui faire peur. Peur de quoi ? Silver ne le savait pas vraiment. Peut-être désirait-il lui montrer qu'il ne devait pas faire de gestes qu'il regretterait. Ce n'était pas vraiment l'intention de base du détenu. Il répliqua aux gestes de cet homme avec un grand sourire désinvolte, légèrement charmeur aux lèvres

- Calme-toi, darling, je suis une pute, pas un meurtrier. Je ne cherche pas la violence. Je ne suis pas celui qui défonce des gueules. Moi, je suis celui qui SE fait défoncer.

Le garde lui demanda alors s'il valait mieux pour lui de quitter la salle pour laisser Silver seul et bien tranquille. Silver se contenta de prendre sa guitare et de s'asseoir comme à l'habitude, sur une table juste devant le gardien. Il eut un peut de difficulté à s'asseoir sur la table, ayant eut une journée bien remplie ... qui l'avait bien remplit. Il fit une petite grimace, puis, il lui fit un sourire avant de poursuivre :

- Quitte les lieux si ça te chante, chéri, ça m'est égal. Que tu restes ou que tu quittes, ça ne changera rien à ma vie.

Silver ouvrit son carnet et continua, avec sa guitare, à composer la musique d'un des textes qu'il avait écrit. Il jouait dans les notes plus graves pour cette partie et écrivait dans son cahier lorsque les notes lui convenaient. Après quelques instants, il ne lui restait plus que le dernier solo à composer. Il releva ses yeux vers le gardiens avec un sourire légèrement moqueur greffé au visage :

- Aurais-tu, par hasard, envie de rester ?

Il repoussa alors quelques mèches blanches vers l'arrière.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Sam 19 Nov 2016 - 12:58
L’autre n’a pas d’instinct de conservation. C’est en tout cas la déduction que fait Cat lorsqu’il l’entend lui parler comme s’il était un brave gars obéissant ou un gentil toutou. Lorsqu’il se présente d’emblée comme une pute. Quel genre de type s’annonce dans les dix minutes suivant la rencontre d’un maton à l’air antipathique comme faisant partie du groupe de détenus prêts à vendre leurs fesses, franchement ?
D’un seul coup d’oeil, le latino comprend facilement pourquoi le prisonnier peut vendre ses charmes. Il est délicat, il a le cheveu long, une belle gueule d’adorable gamin : ils doivent faire la queue pour le sauter en se concentrant fort pour oublier qu’il reste un homme. A défaut de pouvoir sortir pour draguer des serveuses, les pyjamas oranges font avec ce qui traine. Mais Catiel n’est pas un prisonnier, même s’il a la gueule de l’emploi. Il a le droit de rentrer chez lui le soir, de boire des bières au bar du coin et pourquoi pas, de ramener une demoiselle dans son minuscule appartement de célibataire récalcitrant.
Aucune chance que le petit numéro du gris l’atteigne. En plus il n’aime pas les cheveux clairs, ça n’arrange pas les affaires du chaud lapin.

Il l’agace certainement mais Silver a au moins un atout : il joue bien sur sa guitare. Les notes résonnent chaudement dans la salle, plus mélodieuses que l’interprétation de Gasolina précédente. Vu les connaissances musicales douteuses du brun, il lui est impossible de savoir s’il s’agit d’une composition originale, sauf que les notes qui commencent à peupler le carnet lui donnent un indice suffisant. Donc, en plus de se faire passer dessus par la moitié de la population carcérale, le décoloré écrit des balades. Il ne manque plus que la couronne de fleurs.
Et une petite mise au point. Malgré les apparences, le maître-chien a une bonne tolérance au insultes, injures et autres. Il ne supporte pas, par contre, les épithètes affectueux venant d’inconnus, encore moins d’inconnus qu’il est supposé surveiller. La distance professionnelle n’est pas là que pour le style, il n’a réellement aucune envie de copiner.

- On va mettre les choses au clair, monsieur Ambrose.

Aucun sourire sur son visage. Pas de sympathie, pas vraiment d’émotion, juste de la fraîcheur et une pointe d’agacement dans son ton alors qu’il se penche vers le bureau histoire de ne pas avoir à hausser la voix.

- Vous ne m'appelez pas darling, chéri, mon chou ou quelque autre mot doux que vous pourriez trouver. Je ne suis ni votre ami, ni votre potentiel client, je suis là pour garder. Compris zorra ?

Ce qui est bien avec Cat, c’est que ses règles ne s’appliquent pas forcément à lui. Le hors-la-loi n’a pas le droit de le surnommer, lui peut le traiter de renarde -interprétation polie de son insulte- tant qu’il le veut. C’est comme ça qu’il fonctionne, et tant qu’il sera du bon côté des barreaux il ne laissera pas le choix aux prisonniers. Non, monsieur Vega n’est pas sympathique quand il s’y met.
Il se recale contre le dossier du siège, le regard passant du couloir au décoloré, les bras croisés pour exsuder jusqu’au bout l'amabilité. Ce n’est pas qu’il tient particulièrement à rester dans la salle avec un type qui l'appelle chéri, c’est juste qu’il n’a pas envie de se relever et de lui boiter sous le nez. Autant rester assis, faire le gros dos, et surveiller vaguement ce qui se passe en dehors en priant pour ne pas écoper d’un petit nom encore pire en cours de route.

- Vous avez gardé vos cheveux longs malgré votre rencontre avec Rowe ?

Quitte à rester faire le planton dans la salle, autant poser la seule question qui lui vient à l’esprit. N’importe quel crétin sain d’esprit aurait tondu à deux millimètres après avoir été enduit de glue -les rapports des gardiens faisaient état de beaucoup de colle- ne serait-ce que pour éviter d’avoir à tout nettoyer. Mais Silver, lui, gardait sa chevelure de sirène. Il était peut-être masochiste ?
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Mer 23 Nov 2016 - 18:37
Lorsque le gardien lui fit des reproches concernant ces petits mots affectueux qu'il lui donnait, Silver se mit à rire plutôt fort, ne prenant pas du tout la situation au sérieux. Le prisonnier se dit qu'il appelait tout le monde ainsi et qu'il se fichait bien de ce que tout le monde en pense. Il riait aussi du fait que le gardien tentait, vainement, de paraître autoritaire et d'imposer sa loi. L'homme au cheveux blancs est assez têtu et il ne prenait pas du tout, mais alors, pas du tout, le gardien au sérieux. Malgré tout, il se calma lorsque le gardien lui posa une question. Il lui sourit et répondit simplement :

- Que crois-tu que Reed cherchait à faire ? Je ne lui donnerai pas satisfaction. J'aime mes cheveux et je me fiche de ceux qui ne les aiment pas. Nous sommes obligés de porter des uniformes. Toi, poussin, quand tu sors d'ici, tu t'habilles comme tu veux, tu as ton style. Nous, nous avons les tatouages et les cheveux, rien d'autre.

Il gratta à nouveau sa guitare, sa chanson était terminée, il la joua au complet cette fois-ci, pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'accrocs dans les notes ou dans la progression de la chanson. Une fois la dernière note envolée, un grand sourire illumina sont visage. C'est exactement ce qu'il recherchait. Il tourna la page et ajouta :

- Il ne reste plus qu'à savoir si les paroles suivent bien la musique, mais je crois que tu préférerais être épargné.

Il lui sourit, déposant sa guitare à ses côtés sur la table.

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Catiel L. Vega
Maître chien
Sam 26 Nov 2016 - 13:45
Des fois, Catiel sait se contenir. Enfin, par “des fois” entendez souvent, parce qu’il en faut vraiment beaucoup pour qu’il devienne violent. Même face à Rowe, il a tenu longtemps sans se mettre à frapper et l’échantillon de raciste est autrement plus agaçant que Silver.
Il hésite encore, longtemps, sur comment prendre l’argenté. Est ce que lui cogner dessus le ferait céder, devenir poli ? Probablement pas. Il a l’air trop détaché de tout, de ce qui peut arriver à son corps, peut-être parce qu’il en use comme d’une arme en prison. Lui mettre un gnon ne ferait pas bouger le détenu. C’est ailleurs que sont ses faiblesses mais manque de chance, il n’est pas le seul à avoir du mal niveau mental. Parler aux gens jusqu’à les faire craquer, ce n’est pas vraiment le genre du plus âgé. Il se tait donc le temps que dure la mélodie, perdu dans ses pensées, dans des plans d’attaque. C’est joli la balade que joue monsieur Ambrose. Ca contraste bien avec ses idées à base de crocs de chien et d’apprentissage du respect à la dure.
La dernière note résonne encore un peu dans la salle vide, laissant au maton le temps de se lever de sa chaise pour avancer vers l’homme en orange. Il arrive, miracle, à avoir un pas presque normal. Il traine juste un peu sur la jambe abîmée mais lorsqu’il se plante face au décoloré, il est aussi droit et militaire qu’un sergent-instructeur. Il a même le petit crispement de mâchoire qui va bien.

- Monsieur Ambrose.

Il roule méchamment le “r” du nom de famille, exprès, tout à son numéro de gros bras agacé. La prochaine étape ce sont les demi-phrases en espagnol, puis les ordres sans nom de famille. Mais pour ça il faudrait vraiment que le prisonnier se montre plus violent envers lui, parce qu’appeler un gardien “poussin” n’est pas vraiment un motif de passage à tabac. La directrice a beau être tolérante, elle ne laissera sans doute pas passer ce genre de comportements.
Et même si elle le faisait, il se retrouverait avec son chef sur le dos, ce qu’il préfère éviter.

- Si Rowe veut quelque chose je pense qu’il le fait lui-même, que ça soit vous planter ou vous tondre les cheveux. Je pense aussi qu’il se fout de votre personne dans l’absolu, peut-être même qu’on lui a demandé de vous mettre une raclée et qu’il vous a oublié. Donc le seul à qui vous faites du mal en gardant vos jolis cheveux teints, monsieur Ambrose, c’est vous.

Ca y est, Catiel a fini par comprendre pourquoi l’argenté l’énerve autant : c’est parce qu’il manque de ce qu’il voit comme de l’instinct de survie. Il se contente d’une situation qui a tellement effrayé le maître-chien lorsqu’il l’a vue passer près, trop près de lui, qu’il en a fini par refouler trois années entières de sa vie dans un coin d’esprit qui prend la poussière. Qu’il s’acharne à garder une apparence de vieux bouc énervé histoire qu’on lui fiche la paix, qu’il ne soit pas vu comme une victime potentielle, qu’il soit épargné. Et Silver, cet imbécile, se vautre littéralement là dedans. Il se laisse porter comme un cadavre sur une rivière, sans bouger, sans agir pour se protéger alors qu’il lui suffirait de tendre la main pour qu’on vienne l’aider.
Et ça, le latino ne le supporte pas. L’inaction n’est pas inscrite dans son caractère, il préfèrerait que l’homme en face de lui se débatte au lieu de couler en silence. Le visage rapproché à quelques centimètres de celui de l’autre, il gronde tout ce qu’il a. En écho, c’est Corto qui se met à s’agiter. Une paire de mâles aux origines sud-américaines grognants, voilà le résultat des fanfaronnades du musicien.

- Si vous pensez que je ne sais pas comment ça se passe en prison vous vous méprenez. Mais gardez vos cheveux de sirène, allez-y. Faites-vous attraper par le chignon dans la moindre bagarre, faites plaisir aux mecs qui vont y voir une poignée pour vous éclater contre les murs des douches. Quand vous finirez encore à l’infirmerie avec une touffe arrachée et la gueule comme la mienne vous vous souviendrez de mes conseils.

Les deux millimètres maintenus à coups de tondeuse ne sont pas là uniquement pour le style, quoi que ça puisse jouer. Pas de crins, pas de prise, il faut en vouloir pour réussir à bloquer le massif balafré. C’est tout ce qu’il souhaite. Le gamin doit bien les voir, les marques sur sa face, maintenant qu’il est tout près. Il veut finir pareil ? Il n’a qu’à garder ses airs de jolie princesse. Ca lui arrivera tôt ou tard, que ce soit par ce taré de Rowe ou par un autre gars qui voudra le punir de quelque chose.
Monsieur Vega a vraiment, vraiment envie de le réveiller avant qu’il ne finisse mal.
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Sam 26 Nov 2016 - 16:33
- Oh, quelqu'un qui se soucie de mon bien-être. C'est pour le moins inattendu. Sachez que je ne me fait aucunement mal en gardant ces cheveux. C'est mon choix et vous n'avez pas à m'ouvrir les yeux sur quoi que se soit. Je connais les risques liés à une chevelure comme la mienne.

Il était effectivement surpris de voir le gardien jouer au papa poule, mais tenta de ne pas trop faire paraître sa surprise. Ayant son visage près de sien, Silver put détailler les traits, mais aussi les nombreuses cicatrices du gardien. Peut-être que le gardien avait, par le passé, vécu une situation similaire et c'est pour cette raison qu'il ne désirait pas voir Ambrose dans la même situation. Qui sait ?

Instinctivement, il vint toucher délicatement les cicatrices sur la joue du gardien, affichant par la même occasion un sourire désolé.

- Tu as vécu une expérience similaire, n'est-ce pas ?

Il planta ses yeux émeraude dans les prunelles de l'homme en face de lui. Étrangement, le regard du prisonnier était soucieux, avec une pinte d'inquiétude qui ne lui ressemblait pas.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Lun 28 Nov 2016 - 16:03
Son premier réflexe est de se dégager de sous les doigts de Silver. Le contact n’est pas violent, pas forcément invasif non plus, mais il est présent et ça suffit à Catiel. Il n’a pas l’habitude qu’on effleure comme ça ses balafres, même dans des circonstances plus intimes, même depuis qu’il a quitté sa spirale de violence entre gangs et détention, parce qu’il ne s’est jamais laissé faire. Quitte à choisir il préférerait qu’on lui tripote les cicatrices plus importantes sur le reste de sa personne plutôt que celles sur son visage, qui sont trop petites, trop visibles pour ne pas avoir plus de sens.
Mais il arrive à ne pas bouger. A se contenter de serrer les dents parce qu’en face, le gamin a l’air de vraiment se soucier de son cas, que c’est la première fois depuis le début de leur conversation que le gardien a l’impression de parvenir à ouvrir une porte. Alors il tressaille juste sous la main, il ne recule pas. Il fait même taire son chien qui se met à aboyer, dressé qu’il est à empêcher le contact entre les pyjamas oranges et son maître, pour ne pas effrayer l’argenté.
C’est son travail, d’aider les mômes. Il n’est pas là uniquement pour faire ses rondes, éviter de se faire buter puis rentrer chez lui le soir en se disant que de toute façon, ils méritent tout l'enfermement. Le latino veut, vraiment du fond du coeur, donner une chance à ces gamins paumés balancés dans un enfer qu’ils n’ont pas choisi, auquel certains ne survivront pas.

- Je ne me suis pas laissé faire.

Il le dit tout bas, délicatement, en éteignant les grondements dans sa gorge. Sous-entendu, pas comme monsieur Ambrose qui semble, lui, en jouer. Cat n’avait pas été assez malin pour ça, ou alors trop persuadé de pouvoir s’en sortir sans encombres. On n’est pas toujours intelligent quand on a dix-huit ans.

- La première c’était pour me faire comprendre que je devais me coucher.

Il s’éloigne juste assez pour pouvoir passer l’ongle du pouce sur la trace qui va du bord de ses lèvres jusqu’à son menton, qui se perd dans le bouc impeccablement taillé. Elle est fine celle-là, comme si on n’avait pas voulu gâcher son visage pour le premier coup. Puis il glisse sur celle qui part du carré de sa mâchoire, qui s’interrompt au niveau de la pommette pour reprendre jusqu’à traverser son nez. Plus épaisse, plus profonde.

- Elle c’était avant ma libération pour que j’oublie pas ma leçon, que j’me souvienne toujours que baisser sa garde c’est risquer sa vie. Vous devriez vous fier à l’expérience des autres, monsieur Ambrose. Vous êtes le rêve mouillé des petites frappes de cette prison et ça, moi je l’ai jamais été mais croyez-moi, je les connais vos camarades : un jour un de vos clients montrera les crocs, moi on m’enverra vous récupérer. Si vous avez de la chance vous serez vivant, sinon votre jolie argenterie décorera la morgue.

Son inquiétude est sincère. Même s’il garde ses airs de molosse, son maintien parfaitement droit, il y a de la sollicitude dans la manière dont il détache proprement chaque mot de son petit monologue. La voilà, sa main tendue vers l’argenté, parfaitement à son image : maladroite, et bourrue. C’est à Silver de voir maintenant. Est ce qu’il en voudra ? Peut-être pas. Peut-être qu’il pense réellement pouvoir s’en sortir en prison juste avec son joli minois et son postérieur tendu au plus offrant. Peut-être qu’il y a même des gardiens qui se le font en douce, derrière le dos de leur chef, qui seraient enclins à le protéger d’une manière qui lui conviendrait plus.
Car l’aide de Catiel n’est pas gratuite. Même s’il a l’air inquiet, même s’il veut aider comme il peut, il reste exigeant : ce n’est pas à lui de porter tous les malheurs du monde sur ses épaules, il a déjà bien assez de mal à supporter les siens. Le maton boiteux est prêt à montrer le chemin, pas à le parcourir à la place d’un autre.

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Lun 28 Nov 2016 - 18:54
C'était la première fois depuis sa naissance que quelqu'un semblait vraiment porter une attention particulière à l'argenté et qu'il désirait vraiment l'aider. Silver en fut troublé. Le gardien lui tendait la main et selon ce qu'il lui avait raconté, il le comprenait et désirait sincèrement lui venir en aide. Pour la toute première fois depuis qu'il habite cette prison, pour la toute première fois depuis un an, ses yeux s'embuèrent. Une larme vint couler sur sa joue. Il baissa lamentablement la tête et lui dit :

- Je... Je suis malade... J'ai combattu cette maladie toute ma vie, mais elle est bien plus forte que moi. Même lorsque l'on me vient en aide, je retombe presque instantanément... Des dizaines de personnes, dont des professionnels ont tenté, sans succès, de me sortir de là ... Ils ont tous échoués...

Ils se leva et prit sont carnet, tentant de ne pas trop lui faire voir les larmes qui coulaient sur le nacre de son visage.

- J'aimerais vraiment pouvoir prendre ta main ... mais je suis une cause perdue. Personne ne peut plus rien pour moi...

Sans même ranger son matériel, il se dirigea vers la porte, son carnet bien serré contre sa poitrine. Il avançait la tête basse, pour que ses larmes soit un peu moins apparentes.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Mar 29 Nov 2016 - 19:55
Cat ne voit que la première larme avant de détourner les yeux, pudiquement. De s’éloigner d’un, deux pas supplémentaires pour lui laisser de l’espace, déguisant sa retraite en flatterie pour Corto. Il gratte distraitement l’arrière d’une oreille en attendant que la crise se calme, sauf qu’elle ne le fait pas. Lâchement, le décoloré pense pouvoir s’échapper. Hors de question qu’il file ! Il a ferré le poisson argenté, il ne va pas l’autoriser à se barrer la queue entre les jambes après, en plus, avoir estimé qu’il était une cause perdue. De toutes les phrases qu’il aurait pu sortir, il s’est décidé pour celle-là, maintenant Silver va assumer. Le maton ne plaisante vraiment pas avec les histoires de rédemption.

- Non. Arrêtez-vous, monsieur Ambrose.

C’est le ton qu’il emploie lorsqu’il veut se faire obéir de son binôme, celui qui peut arrêter des bagarres rangées parce qu’il suinte l’autorité. Le latino estime que c’est le bon moment pour s’en servir, même s’il est un peu agressif sur la fin de sa phrase, même s’il se remet à gronder. Au moins il va être difficile à ignorer.
L’homme au bouc se détache de son chien afin de boitiller jusqu’au bureau sur lequel il s’assoit lourdement. Que le détenu se tourne vers lui ou qu’il reste dans l'entrebâillement de la porte, il s’en fiche. Il n’en a même pas grand-chose à faire s’il ne l’écoute pas vraiment tant qu’il ne bouge pas et qu’il fait mine de comprendre. C’est comme ça que marche le maître-chien, il consent à ouvrir la gueule pour offrir son aide mais ne force personne à l’accepter. Si le détenu est malin il va ouvrir ses oreilles, sinon il va retourner couler tout seul et personne ne pourra dire que le brun n’a rien fait pour essayer d’aider. C’est sa dernière tentative.

- Quand je suis entré pour la deuxième fois dans une prison, commence-t-il comme s’il allait raconter un conte pour enfants, tout le monde pensait que j’étais une cause perdue. Même moi. J’étais sûr que j’allais crever entre ces murs et que personne en aurait rien à foutre parce que j’avais pas de famille. Même le gang dont je faisais partie s’en taperait, j’étais qu’un second couteau qui refusait de balancer ses frères. Bref, j’étais bon pour l’abattoir.

Les mots sont aussi violents que lui est calme. Ses yeux clairs ne se voilent pas, ne cillent pas, rien ne bouge sur sa personne. Des années de thérapie patiente au service d’une tranquillité de statue. Sa seconde peine c’est facile, c’est encore récent et il ne l’a pas aussi mal vécue : il peut en parler avec détachement. Elle a, après tout, servi à le remettre sur le droit chemin. Il n’a pas à la craindre autant que l’autre. Il n’oublie vraiment pas les leçons apprises.

- Alors ouais je suis pas malade contrairement à vous. Je sais pas ce que vous avez, c’est un truc entre vous et les docs, ça me regarde pas. Mais si y’a des gens qui ont réussi à sortir un type comme moi de l’autodestruction, à me faire vivre aussi vieux alors que j’avais déjà la tête sur le sable c’est qu’aucune cause est perdue. Même monsieur Rowe pourrait être sauvé s’il le voulait.

Un rire proche de l’aboiement lui échappe. Oui, il le pense vraiment. Personne n’est trop loin de la surface pour pouvoir être remonté, parce que sinon la vie n’aurait aucun sens. A quoi bon continuer de vivre si on ne pense pas qu’après la nuit vient le jour, franchement ? Catiel est, dans son genre, un indécrottable optimiste particulièrement miséricordieux. Si ce n’était pas le cas il se serait déjà jeté du haut d’un pont en fait, plutôt dix fois qu’une.
Quand il reprend la parole, il a le ton le plus doux du monde. Dernier rappel avant de laisser partir l’argenté s’il le souhaite.

- C’est à vous de faire les efforts, monsieur Ambrose. Je peux vous aider mais le chemin vers la guérison personne peut le prendre à votre place. Il est long, il est chiant, il fait mal mais à la fin, il en vaut toujours la peine. Vraiment.

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Ven 2 Déc 2016 - 1:07
Les mots du gardien se percutaient dans l'esprit de Silver et il ne savait plus trop comment réagir. Sa tête bourdonnait d'information contradictoire. D'un côté, il savait que sa cause était perdue, à cause de sa maladie. À la seconde où il sortait de sa vie de pute, il lui prenait une envie incontrôlable et il se jetait sur la première bite qui passait et qui voudrais bien de lui. D'ailleurs, c'est ce même problème qui lui avait valut une bonne correction de Rowe, il n'y a pas si longtemps. Par contre, d'un autre côté, une minuscule partie de son esprit gardait un infime espoir de pouvoir un jour se sortir de tout cela. Ce qu'il souhaite vraiment, c'est de baiser pour manipuler ou pour avoir des informations. Il voulait baiser par choix, et non par pulsion. Le fait d'être prostitué ne le dérange pas vraiment, le problème est surtout qu'il n'a pas le choix et surtout, qu'il ne connaîtra jamais le véritable amour.

Planté, droit, sous le cadrage de la porte, il écouta chaque mots du maître chien. Une fois qu'il eut terminé, il mit une bonne minute avant de répondre. Par-dessus son épaule, sans se retourner, il dit la seule chose claire et cohérente qui lui traversa l'esprit :

- Pourquoi veux-tu aider une pute à ce point, alors que je ne le mérite pas ? À moins que c'est pour utiliser mes services ...

Il dit cela comme une sorte d'illumination. C'était logique. Un homme fait semblant de l'aider seulement pour ensuite fourrer sa bite, c'était un schéma classique.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Ven 2 Déc 2016 - 21:03
Retour à la case départ. Après une timide éclaircie, un semblant de belle humeur, le maître-chien redevient un ciel d’orage. Son regard se voile, sa mâchoire se crispe, il relève fermement le menton et redresse son dos, hérissé de colère. Le poing de Catiel claque brusquement sur le bois du bureau, faisant gémir le matériau autant que craquer ses os.
Qu’est ce que cet imbécile de Silver ne comprend pas dans son attitude ? Pourquoi est ce qu’il s’acharne à voir en lui un danger, un type louche qui ne voudrait que le sauter après l’avoir embobiné alors qu’il a fait des efforts pour, surtout, ne pas se placer en menace sur ce plan là ? Alors qu’il lui a expliqué par le menu pourquoi il peut l’aider ? Le gardien a beau être patient, il sent ses envies de sociabilisation fondre comme neige au soleil face à ce revers. L’argenté n’est plus un môme à sauver mais un humain qui le fatigue. Une présence qui d’un coup devient plus irritante parce qu’il a épuisé les dernières miettes de bonne volonté, parce que le latino a déjà fait des efforts monstrueux, beaucoup trop de pas vers lui et qu’il est incapable de plus aujourd’hui.
Alors il se renferme. Il grogne son mécontentement comme l’aurait fait son chien, desserrant son poing endolori par le coup. Il balance un regard tellement plein de rage qu’il pourrait presque faire des trous dans le dos du prisonnier.

- Aucune chance, je n’aime pas les hommes.

C’est plus facile comme ça. Pas besoin d’expliquer les subtilités de ce qui fait son type de mâles, de justifier les points de détail les plus précis de ses attirances, alors qu’il peut simplement balancer la presque-vérité avec une fraîcheur absolue. C’est laconique, “je n’aime pas les hommes”, c’est peut-être encore plus violent que de lui dire simplement qu’il ne sera jamais à son goût.
“Je n’aime pas les hommes” comme un coup, comme pour lui rappeller qu’ici, il est celui qui peut sortir pour draguer des serveuses.
Avec une lenteur menaçante, il repose ses pieds sur le sol. Clac-clac, les bottes de sécurité heurtent le béton, l’une des deux plus doucement que l’autre. Son binôme vient se placer sagement à sa droite. La trêve est finie. Il est redevenu le maton aux méthodes de cow-boy, celui qui confond une laisse et un fouet lorsqu’il s’agit d’imposer son autorité. Silver est redevenu un pyjama orange comme les autres. De son pas traînant il s’avance vers la porte pour ne s’arrêter que lorsqu’il se trouve à un pas, un seul, du décoloré.

- Vous pouvez sortir monsieur Ambrose. Ou au moins me libérer le passage.

Dans ses phrases courtes, brutales, on sent le ressentiment suinter. Il en veut au détenu, il s’en veut à lui-même aussi. Tant d’efforts pour rien, ça lui donne envie de rentrer chez lui, d’aller courir pendant des heures sans croiser personne pour simplement évacuer le sale goût dans sa gorge. Il devrait y être habitué pourtant, à tendre des mains dans le vent, sauf que cette fois il s'est laissé avoir. La porte qu'il pensait avoir ouverte sur la sensibilité de l'argenté vient de lui claquer en travers de la face… Ou en tout cas c'est son impression, il se sent attaqué malgré les efforts colossaux -à l’échelle de sa personne- qu’il a lutté à faire. S'il voulait que Cat réitère ses propositions de soutien Silver n'aurait pas pu plus mal s'y prendre : à force de le pousser à bouger il l'a simplement braqué.
Le balafré se sent plus fatigué qu'après un marathon, vidé de toutes ses forces par quelques minutes de discussion, d’aveux à peine voilés sur cette putain de première peine qu’il traîne comme un poids mort, qu’il a consenti à reconnaître pour au final… Au final quoi, finir dans une impasse ? La belle affaire !
La seule et unique chance est passée. Qu'il coule en silence, qu'il ne l’importune plus, que le gamin le laisse passer sinon Catiel va hurler.

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Ven 2 Déc 2016 - 21:55
Silver se retourna, mais resta dans l'encadrement. Il l'avait blessé. Il avait blessé la seule personne qui lui tendait vraiment la main. Le prisonnier se sentait mal, voir même très mal. Il leva les yeux pour regarder le regard noir du gardien.

- Je ... je suis désolé, j'ai tendance à voir du mal partout, même où il n'y en a pas ... C'est un réflexe de survie, pour éviter de me faire du mal, ce n'est rien contre toi et ... Même si je doute que cela puisses t'aider, je n'avais plus l'intention de quitter la pièce ...

Il baissa la tête, puis fit quelques pas pour ouvrir le passage. Il avait désormais la voie libre pour quitter la pièce, s'il le désirait.

- Je comprends que tu sois énervé, je suis très énervant ... Je te laisse la voie libre...

Silver continue de fixer le sol, très déçut de son propre comportement. Il attendait que le maître chien quitte les lieux. C'était dur pour lui, mais Silver l'avait bien cherché, comme toujours en fait. Tout ce que l'argenté voulait dire avec ce petit monologue, c'est que le gardien n'avait pas fait tout cela pour rien et qu'il n'avait pas dit que du vent.
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Catiel L. Vega
Maître chien
Mar 6 Déc 2016 - 22:01
Il sait ce qu'il devrait faire face aux excuses de Silver. Il sait parfaitement -merci bien- que ce que les gens normaux font dans ce genre de cas : ils désescaladent la situation, ils serrent les dents, ils reprennent la conversation où ils l'ont laissée parce que les regrets du gamin ont l’air sincères. Parce que oui, être méfiant en prison ce n’est jamais que du bon sens. C'est certainement ce dont l'autre a besoin, d’un peu de pardon, de clémence.
Mais Catiel n'y arrive pas. Il a fini par se connaître à la longue, il sait bien que s'il force aujourd'hui il le paiera plus tard. Sa si rare énergie de socialisation n'est pas étirable à l'infini et il sait -il craint serait plus juste- qu'à un moment ou un autre l'argenté recommencera à se montrer désagréable sans faire exprès. Se prendre une deuxième porte métaphorique en travers de la face ne tente pas outre mesure le latino alors il fait le choix de battre en retraite, très courageusement.
Ce n'est pas le bon choix. Il en a une conscience aiguë.
Mais il n'a pas souvent pris les bons embranchements dans sa vie, et celui-là peut être rattrapé plus tard. Il suffit qu'il recroise monsieur Ambrose dans les couloirs à un moment et qu'il fasse l'effort d'aller vers lui, ou peut-être qu'il se renseigne sur le doc qui le suit… Ouais, ça c'est une bonne idée. Il regardera à qui est assigné le décoloré pour le prévenir qu'il a, à un moment, réussi à trouver le chemin de son attention. Peut-être qu'un type plus éduqué que lui pourra le conseiller sur la marche à suivre pour mieux aider le môme paumé sans pour autant lui dévoiler l’intégralité de son dossier médical.

Il fera ça plus tard, demain sans doute. Là il se contente de s'avancer, cachant comme il peut son boitement en le déguisant en pas traînant. Comme il a des airs naturels de vaquero ça ne détonne pas tant que ça, et puis il a de toute façon le visage bien trop patibulaire maintenant pour qu'on vienne lui chercher des poux dans la tête. On lui fichera la paix pour le reste de la journée, c’est sûr, il sera tranquille jusqu’à rentrer chez lui. Deux heures de marche dans le parc, voilà tout ce qu'il souhaite pour se vider la tête -même s’il sait qu’avec sa jambe, il risque de modérément apprécier la fin de balade.

- Nous en reparlerons.

Ça pourrait sonner comme une menace. Il y a toujours de la colère dans ses yeux couleur d'acier quand il les descend vers le visage du détenu, mais il fait de son mieux pour se contenir, retrouver le beau calme professionnel dont il est si fier. C'est plus difficile qu'il y paraît quand vos pensées se mélangent à tout allure dans votre cervelle.

Corto sort le premier, trottinant allègrement dans le couloir. Il a de la chance, pour lui la salle de musique a été une vraie pause, il est tellement reposé que Catiel a l'impression que son chien pourrait enchaîner sur un parcours d’agility sans broncher. La vue adoucit un peu le balafré, lui arrache une ombre de sourire entre les marques et les poils. S'il y a bien une chose qui ne risque pas de le rendre grognon, c'est constater qu'il a quand même la chance de bosser en binôme avec une bête admirable.
Ca le calme juste assez pour qu’il ne soit pas une boule de nerfs quand il dépasse Silver en sortant. Il fait même l’effort de le saluer sans trop gronder, sachant qu’il sera libéré de toute présence humaine ensuite.

- Survivez jusque là. Bonne journée, monsieur Ambrose.

Est ce qu’il y a vraiment de bonnes journées en prison ? Il en doute, mais ce n’est qu’une formule de politesse qui lui échappe maladroitement, qu’il n’a pas la volonté de se corriger. Silver devra s’en contenter, parce que le barbu est déjà reparti pour finir sa ronde, le dos bien droit et les bottes claquant en rythme.

Esto va pa' las gatas de to's colores
Pa' las mayores, pa' las menores
Pa' las que son mas zorras que los cazadores
Pa' las mujeres que no apagan sus motores

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