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The pretty lies, the ugly truth | Gabriel

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Dim 16 Oct 2016 - 21:08








Just Desserts
Gabriel x Ahotehonaw




Est-ce que j'ai des problèmes?

« Une shit-ton », serait la réponse la plus réaliste. Une grande quantité et une grande variété.

Mais mentaux ? Est-ce que son état méritait une visite chez le psy dès la première semaine ? Sûrement, c'est ce qui avait été dit dans le procès. On avait énuméré devant lui une quantité ridicule de termes scientifiques -dont il n'avait jamais ne serait-ce qu'entendu parler- pour essayer de le qualifier. Lui et ce qu'il se passait dans sa tête. Au premier abord, ça lui avait paru vraiment inutile : il est seulement triste ; très triste.

Mais ces gens et leurs expertises avaient fait beaucoup d'études : et ce qu'ils disaient n'était pas idiot. Non, sûrement, ce n'était pas normal de penser ce genre de choses, d'agir comme ça, de dormir si mal, d'avoir tant de difficultés à parler aux autres, de penser à des choses qui étaient arrivées il y a si longtemps.

Est-ce que j'ai envie d'en parler?

Non. Clairement, bien clairement, non. Bien qu'il respecte parfaitement les études, le métier, les connaissances du psy, il n'a rien envie de lui raconter. Il veut garder ce qui se passe pour lui, tout seul. Il ne veut pas que quelqu'un d'autre vienne fouiller ses raisonnements pour lui dire ce qui ne va pas, ce qu'on peut garder, ce qu'il faut changer. C'est honteux : rien ne marcherait comme ça dans la tête d'un homme sain. C'est bien évident : rien ne va. Et ce psychologue est censé être là pour l'aider : puisqu'on ne peut pas jeter un esprit humain et le refaire en entier, il faut bien trouver des moyens pour remettre plus ou moins sur le droit chemin ceux qui sont gangrenés. Quand même ; ça reste effrayant et triste qu'on soit obligé de lui dire ce qu'il doit faire de sa tête.

Il attend. Debout, à quelques centimètres du mur, les bras croisés. Qu'on vienne le chercher. En fait, il se demande s'il doit toquer. Peut être que le psychologue attend qu'il toque, parce qu'il ne sait pas s'il est là. On ne lui a rien dit. Il est parti du principe qu'on l'appellerait. Mais s'il doit toquer ? S'il est déjà en retard ? Il décroise légèrement les bras, pour s'apprêter à frapper. Non ! Il les remet à leur place. Il y a peut-être déjà quelqu'un dans le bureau. Il va déranger. Non, autant rester là. Le psychologue sait sûrement qui doit venir à quelle heure. C'est idiot. Il inspecte le mur. S'il s'était trompé ? Non, c'est bien écrit « psychologue » sur la porte. Mais peut-être qu'il devait aller voir le psychiatre ? Non, non. Psychologue. Oooh, que quelqu'un lui dise quoi faire.


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Gabriel Goodman
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Lun 17 Oct 2016 - 19:35
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Un passé sombre aux odeurs de pin. 

The pretties liars, the ugly true
Gabriel se demandait si un jour, il arrêterait de voir arriver des prisonniers, encore et encore. Maintenant qu'il était derrière les barreaux, à contempler ce petit monde de fourmis et de seriak killers, il se rendait un peu plus compte de la réalité. Devant la fenêtre, il contemplait l'univers zébré par les barreaux de sa cage ; il eut un rire soufflé par le nez. C'était amusant de constater que de tous, il était sans doute le plus libre ; il l'était en pensée. Combien d'hommes s'enchaînaient-ils avec des principes ? Combien d'hommes se mettaient eux-mêmes des boulets par leurs histoires ? C'était le cas d'un de ses futurs patients. Son dossier était sur le bureau, et après la lecture, la relecture de son histoire, Gabriel songeait qu'il avait rarement vu quelqu'un se mettre autant de barrières par son passé. Cela devait avoir quelque chose avec le sang d'esclave, oui, il était capable de considérations racistes aussi mesquines, tout en gardant sa neutralité. Dans sa tête, il pouvait se laisser aller à ses cruelles pensées, sans que l'on dérange, ou le juge. Cela ne l'empêchait pas de faire un excellent travail, chacun se défoule comme il le peut, et le veut.

Aah... pauvre enfant. Enfin... « enfant », c'était difficile à admettre pour lui que son patient faisait naturellement plus « vieux », plus « viril » que lui en étant de quatre ans — bientôt cinq — son cadet. Oui, « enfant », en quelque sorte. Il prit une gorgée de café, il plongea sa main dans sa poche, et il joua avec le briquet en argent qu'il avait ramassé en trophée. Le temps était un menteur, il passait trop vite, et pourtant, quand Gabriel vivait ses journées, il ne pouvait pas s'enlever cette lourdeur dans les os. Il se décolla de la fenêtre, il attendit en regardant sa montre. Du retard ? Voilà ce qui était rare ; habituellement, les gardiens lui amenaient toujours à l'heure ses patients. Il espérait seulement pour Ahotehonaw que rien ne méchant n'accuse son retard. Gabriel resta assit sur son bureau, les yeux plongés dans ses notes encore cinq minutes, avant de décider de sortir pour voir lui-même ce qu'il se passait. Il ouvrit la porte sur son patient.

D'étonnement, le jeune homme eut un léger mouvement de recul. Il fixa la poitrine du Hopi, car c'était ce qu'il avait à hauteur de regard, puis il remonta ses yeux clairs sur son visage. La surprise se fit dissiper par un sourire poli et doux, il se lécha la lèvre inférieure en le saluant :


« Oh ! Monsieur Fredericks ? Enchanté, je suis Gabriel Goodman, votre psychologue, veuillez rentrer, je vous en prie. »

Gabriel s'écarta aussitôt en faisant signe au prisonnier de s'avancer, il l'observa, avec neutralité. Bon sang... de nouveau, il se sentait petit et fragile, mais jamais vulnérable. Même s'il se doutait qu'Ahotehonaw ne faisait pas partie de cette catégorie, ceux qui se servent de leur corpulence et de leur taille pour essayer de l'impressionner, il n'était pas mal à l'aise. Tout est un rapport constant de force en prison, et Gabriel avait conscience que ses allures de petit fils à papa que l'on brise comme un fétu de paille était un danger pour sa sécurité, mais... voilà, il ne fallait simplement pas se laisser intimider. Son ton calme, son regard neutre, le cynisme que certain lui devinait suffisait. Cependant, Gabriel devinait et ressentait la nervosité d'Ahotehonaw, il chercha à capter son regard avec un autre sourire doux, et bienveillant.

« Puis-je vous offrir quelque chose à boire, Monsieur Fredericks ? J'ai du café, du chocolat, ou du thé. »

Gabriel avait ses petits rites, ils avaient leur importance ; le fait d'offrir quelque chose à la séance permettait aux prisonniers d'être mis sur un même pied d'égalité. Il traitait tout le monde avec la même politesse, la même douceur, et il savait que cela n'était pas simple de parler de son existence à un gamin à peine diplôme qui n'avait — sans doute — jamais souffert de sa vie. Et puis, cela permettait de mettre à l'aise, tout bêtement.

« Asseyez-vous, je vous en prie. »

Gabriel reprit sa tasse de café pour la déplacer sur la table basse séparant le sofa de son fauteuil. Il remonta le col de sa chemise bleu claire, et il prit place face à Ahotehonaw, en croisant les jambes. Il l'observa plusieurs secondes, lui, et ses attitudes hagardes, avant de lui demander la question rituelle :


« Comment vous sentez-vous, Monsieur Fredericks ? »

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Dim 23 Oct 2016 - 20:10








Just Desserts
Gabriel x Ahotehonaw




Il se redresses encore un peu en voyant la porte s'ouvrir. Ah ! Un homme, blond, l'air jeune, très propre sur lui. Typiquement ce qu'on attendrait d'un psy. Quelqu'un qui a l'air éduqué et poli. Quelqu'un qui a l'air de savoir un tas de choses et de les mettre au service des autres. Rien que son nom. Goodman. Ça ne s'invente pas. Et tout ça intimide Ahotehonaw ; il aurait aimé avoir eu l'occasion de devenir quelqu'un de respectable et sérieux, lui aussi. Il s'avance, jetant un coup d’œil inquiet dans le bureau. C'est à ça que ressemble un bureau de psy, alors ?

« Oh ! Monsieur Fredericks ? Enchanté, je suis Gabriel Goodman, votre psychologue, veuillez rentrer, je vous en prie. »

« Merci. »

Ça faisait longtemps qu'il avait apprit à ne pas baisser les yeux vers les gens. Souvent, ils le prennent mal, ils ont l'impression que c'est du mépris ou il ne sait pas trop quoi. C'est pourtant pas intentionnel d'être grand, il ne méprise personne, mais il peut comprendre que ce soit un manque de tact de juste baisser la tête pour s'adresser à son interlocuteur. Ceci dit, il ne va pas se plaindre de sa carrure dans la situation où il est : pour le moment, sa technique de « j’évite absolument tout le monde et tout le monde m'évitera » marche relativement bien, mais pour combien de temps ? Il y aura un moment où il devra prouver qu'il n'est pas à faire chier. Aaaah...

« Puis-je vous offrir quelque chose à boire, Monsieur Fredericks ? J'ai du café, du chocolat, ou du thé. - Asseyez-vous, je vous en prie. »

Il est tiré de ses pensées par Mr Goodman. Il évite le regard en face de lui et parcourt la pièce des yeux en s'asseyant, toujours ridiculement grand par rapport au mobilier. Il se tient bien droit, les deux pieds plantés dans le sol, les mains posés à côté de lui. Son malaise est pire que palpable. Il a envie de s'enfuir en courant, c'est à peine s'il arrive à répondre quand on lui propose à boire :

« Non. Merci. »

Il n'a pas soif, et de toutes façons, il est trop stressé pour avaler quoi que ce soit. Il a l'impression de passer un examen super important, pour lequel il n'aurait pas du tout réviser. A tout moment, le psy peut se lever et lui dire qu'il l'a raté.

« Comment vous sentez-vous, Monsieur Fredericks ? »

Qu'est ce que c'est que cette question. Il se sent comme quelqu'un qui est en prison après avoir tabassé à mort son propre père, comment est-ce qu'il peut se sentir ?! Il fronce les sourcils, l'air vaguement agressif sans s'en rendre compte. Ce n'est pas que la question l'énerve en soit, mais elle le plonge dans une confusion bizarre. Il n'est pas particulièrement malheureux -juste... il n'a pas l'impression de ressentir grand chose. Il n'est ni heureux, ni spécialement malheureux, il est dans une espèce d'apathie étrange. Encore une seconde de réflexion et il fini par répondre ce qui lui paraît le plus juste :

« Inquiet. Principalement. »


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Gabriel Goodman
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Lun 24 Oct 2016 - 16:44
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Un passé sombre aux odeurs de pin. 

The pretties liars, the ugly true
Il y a des choses qui ne changeront jamais, la défiance par exemple. Gabriel fronça les sourcils en essuyant le premier refus, ce n'était pas si grave, mais il se demandait si parfois, les prisonniers pensaient que son café était empoisonné. Bien sûr, la première gorgée était souvent la plus insupportable, tant il était noir, et corsé. Dormant entre quatre à six heures par nuit, le jeune homme avait pris l'habitude de s'abreuver de caféine pour tenir ses longues journées. Enfin, toujours est-il que le malaise d'Ahotehonaw était palpable ; ses regards d'abord, son attitude. Il avait l'impression d'avoir face à lui un enfant de presque deux mètres, ne sachant pas quelle réponse devait-il donner. Si bien que ses réponses en deux mots — quand il était chanceux — le laissèrent perplexe ; avait-il la tête du Maître d'école qui donnerait une sale note en se rendant compte que son élève peinait à comprendre l'exercice ? Avait-il quelque chose chez lui qui mettait son patient mal à l'aise ? Tout. Peut-être.

Si bien que Gabriel préféra attaquer sur un autre angle, il fixa Ahotehonaw, sans animosité, avec un peu plus de douceur. Et comme toujours, lorsqu'il parlait, sa voix restait calme, sereine :


« Inquiet ? Bien. Toutefois, je vais vous demander de respecter quelques règles. »

Il savait pourtant que ce genre de phrases ne feraient qu'agrandir le malaise du jeune homme. Cependant, Gabriel avait besoin de mettre les points sur les I, afin de l'aider au mieux. Rester de marbre face à lui n'était jamais une bonne idée ; il avait l'habitude des serial killers, des psychopathes qui jouaient au concours de l'indifférence avec lui. Et Gabriel gagnait toujours. Il voyait dans les micros expressions ce qu'on tentait de lui cacher, mais si Ahotehonaw voulait s'en sortir, Gabriel avait besoin de son aide. S'il pouvait guérir les hommes d'un claquement de doigts, son métier n'aurait pas le moindre intérêt. Il fixa le Hopi, et il reprit en souriant :


« Je ne vais pas vous manger, Monsieur Frederiks. Néanmoins, nous allons commencer tous les deux un grand travail, et pour que nous puissons le faire au mieux, je vais avoir besoin d'aide. J'ai conscience que parler de ses problèmes à un inconnu n'est pas aisé, surtout dans un milieu tel que la prison. Mais... je ne suis pas là pour vous juger, je suis là pour vous aider, alors je vais vous demander une chose : n'ayez pas peur de parler, même si cela se résume parfois à dire tout ce qui se passe par la tête, je ne vais pas vous en vouloir. Je ne cherche pas de bonnes réponses, mais à vous connaître. Vous avez le droit de craquer, de vous énerver, d'extérioriser ; vous avez le droit de ressentir. »

La règle à respecter étant de lui parler sincèrement, sans détour. Qu'il le traite de petit con bourgeois, Gabriel s'en moquait — même s'il doutait que son patient fût capable d'une telle chose. —, du moment qu'il arrivait à exprimer ce qu'il ressentait, ce serait déjà un pas en avant. Lui-même montrait rarement ses émotions — les mauvaises langues diront qu'il n'en possédait pas —, et il comprenait à quel point c'était plus rassurant de tout garder dans un coffre-fort, plutôt que de dire que ça n'allait pas. Mais Gabriel n'était pas Ahotehonaw, il pouvait être de marbre, il ne se souciait pas de sa propre humanité. Il lui sourit, cherchant à capter son regard, il essaya alors :

« Dîtes ce que vous pensez, comme vous le pensez. Par exemple, que vous inspire cette pièce ? »

De nouveau, Gabriel n'attendait pas de réponses toutes faites, mais une forme de franchise. Il avait conscience que cet intérieur manquait de vie, tout était réduit à sa fonction ; il n'aimait pas la décoration. Sa mère était pourtant une grande décoratrice d'intérieur, mais plutôt que de refiler son amour dans ce domaine à son fils, elle l'en avait agacé. De plus, sa question n'était pas si anodine — jamais avec lui ; une réponse de la part d'Ahotehonaw allait lui permettre d'en savoir un peu plus sur son état d'esprit par exemple. Les points de vue ne sont jamais une chose stable, l'humeur, la fatigue, des tas d'éléments ajustent l'angle en permanence. Et en ce moment même, Gabriel cherchait à savoir ce que son patient ressentait. L'inquiétude ? Mais il y avait toujours une source à cela, même s'il avait sa petite idée ; il était humain, il pouvait toujours se tromper. Il avala une gorgée de café, son regard clair restait fixé sur le prisonnier, sans jugement, sans méchanceté, doux et patient.

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Dim 30 Oct 2016 - 20:41








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Gabriel x Ahotehonaw




« Inquiet ? Bien. Toutefois, je vais vous demander de respecter quelques règles. »

Il se raidit encore un peu plus sur son siège. Oh non, des règles. Il est pourtant relativement bon pour les suivre, normalement, mais ça l'angoisse. Qu'est ce qui ne l'angoisse pas, de toutes façons ? Mal à l'aise, il serre les points, attendant les instructions. Il y a quelque chose de très oppressant dans tout ça, même si Mr Goodman a l'air de prendre intentionnellement un ton calme.

« Je ne vais pas vous manger, Monsieur Frederiks. Néanmoins, nous allons commencer tous les deux un grand travail, et pour que nous puissions le faire au mieux, je vais avoir besoin d'aide. J'ai conscience que parler de ses problèmes à un inconnu n'est pas aisé, surtout dans un milieu tel que la prison. Mais... je ne suis pas là pour vous juger, je suis là pour vous aider, alors je vais vous demander une chose : n'ayez pas peur de parler, même si cela se résume parfois à dire tout ce qui se passe par la tête, je ne vais pas vous en vouloir. Je ne cherche pas de bonnes réponses, mais à vous connaître. Vous avez le droit de craquer, de vous énerver, d'extérioriser ; vous avez le droit de ressentir. »

D'un côté, le ton à moitié paternaliste le dérange. Il plisse les yeux et fronce les sourcils. Son premier réflexe est de penser qu'il n'a vraiment pas envie de parler de lui, qu'il a toujours détesté de tout son être l'attention et l'intrusion des autres dans sa tête, que ce n'est pas maintenant que ça va changer. L'idée d'attraper le psychologue par sa tignasse blonde pour lui exploser la tête contre le bureau, histoire de lui apprendre à se mêler de ses affaires, lui traverse l'esprit et lui rappelle précisément pourquoi il a besoin de l'aide de ce même psychologue. Il desserre le poing et prend très fort sur lui. Ce genre de chose ne peut pas continuer. Cet homme a été formé, a fait des études et a lu des bouquins précisément dans le but d'aider des gens comme lui. Il devrait être reconnaissant de pouvoir bénéficier de ce genre de soins et tout faire pour faciliter le travail de Mr Goodman.

« Dîtes ce que vous pensez, comme vous le pensez. Par exemple, que vous inspire cette pièce ? »

Ah, le retour de la sensation d'être observé, jugé et noté. Il lève les yeux pour regarder la pièce autour de lui et se rend compte qu'il ne pourrait pas dire des masses de choses. Il regarde les étagères, le bureau, la fenêtre, essaye d'établir des liens et des comparaisons. Mais peine perdue : il n'arrive pas à trouver quelque chose à dire. Il suppose que c'est à ça que doivent ressembler les bureaux de psychologues en prison. Ce n'est ni positif, ni négatif, il n'y a rien à en tirer et il finit par annoncer, la voix placide pour cacher une certaine inquiétude :

« Rien. »

De peur que Mr Goodman ne prenne ça comme une quelconque insulte à ses goûts en matière de décoration, il ajoute :

« Je ne ressens pas énormément de chose, en général, en fait. »

Il fronce les sourcils, de nouveau, l'air vaguement perplexe. Ah... bon ? Oui, c'est ça. Enfin, pas tout à fait, il... Il. Il lève un regard confus vers le plafond. Il serait bien incapable d'expliciter.


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Gabriel Goodman
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Mer 2 Nov 2016 - 14:39
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The pretties liars, the ugly true
Il ressentait peu de choses ? Gabriel haussa très légèrement les sourcils, mais il retint toutes remarques ou expressions amusées. Non, ce n'était pas cela ; quand on lui disait « je ne ressens rien », une partie de lui avait envie de rire jaune. Les gens ne savaient pas ce que c'était réellement, « ne rien ressentir », la plupart du temps, c'était un système de défense pour faire face à des évènements bouleversants. Et parfois, cela était comme pour lui, naturellement « sans émotion ». Il était profondément calme, pragmatique, et analyste. Il se contenta d'avaler son échec en même temps qu'une gorgée amère de café. Bon... cela ne serait pas simple, il devrait apprendre à apprivoiser Ahotehonaw, l'aider à se confier à lui. Mais ce n'était pas si simple, si l'autre se cachait derrière ses défenses, ne montrant qu'une partie de lui en espérant avoir une bonne note à la fin. Ahotehonaw voulait-il être aidé ? Ou bien ferait-il l'effort pour sortir de prison ? Gabriel serait celui qui aurait le dernier mot sur ce point.

« Nous ressentons toujours des émotions, mêmes minimes, la fatigue, par exemple, celle-ci influence énormément les humeurs. Et fatigué, vous l'avez l'air de l'être. »

Pour ne pas dire « épuisé », songea Gabriel, qui devait encore une fois faire ses preuves, avancer à l'aveugle. Qu'est-ce qu'il y avait chez lui pour rendre les gens si méfiants ? Il n'allait pas se teindre les cheveux en noirs pour se faire accepter, tout de même ! Enfin, tout un tas de pensées volatiles traversait son esprit, il croisa les jambes, il plissa son pantalon avec le plat de sa main. Ahotehonaw tentait-il de se fermer à lui ? Il ne savait pas exactement.

« Avez-vous des questions ? »

Proposa Gabriel en relevant son regard clair sur son patient. Qui sait ? Peut-être que savoir comment les séances allaient se dérouler le mettrait en confiance, lui donner des réponses. Puis, il enchaîna :

« A quoi pensez-vous en ce moment même ? »

Sans émettre de jugement, encore une fois, c'était pour aider Ahotehonaw à émettre son avis, des mots sur ses émotions, ou son état d'esprit. Il était du genre à ne pas structurer les séances, malgré ce que son air de garçon bien éduqué pouvait montrer ; ce qu'il souhaitait, c'était des conversations libres, où Ahotehonaw pourrait s'exprimer sans se sentir oppressé. Et si c'était lui, qui l'oppressait, Gabriel aurait besoin de savoir en quoi. Il acceptait l'idée que ce n'était pas simple de s'ouvrir à quelqu'un comme lui ; on le jugeait pour son milieu, et on se permettait de remettre en cause son travail, à cause de son jeune âge. Et pourtant, il faisait preuve d'une incroyable maturité. Enfin bon...

Le jeune homme se lècha lentement la lèvre supérieure avant de reprendre une gorgée de café, il attendait, tout simplement.

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Dim 6 Nov 2016 - 16:15








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Gabriel x Ahotehonaw




Il a un spasme nerveux à la main. La réponse n'a pas l'air d'avoir plu au psychologue, il a eu ce petit mouvement de sourcils comme s'il voulait dire « pf ! N'importe quoi. ». Pourtant, Ahotehonaw n'avait dit que ce qui lui était passé par la tête. Il garde son air impassible, mais décide intérieurement de bien réfléchir avant de parler. C'est difficile, ceci dit ; il n'a vu que peu de psychologues, avant. En plus de Mr Goodman, il y avait la gentille dame qui l'avait accompagné pendant son procès et c'est tout. Il ne sait pas trop ce qu'un psy veut. Attendez, non, il a dit qu'il ne devait pas avoir peur de parler et d’extérioriser... mais s'il n'a rien à extérioriser, qu'est ce qu'il doit... ?
« Nous ressentons toujours des émotions, mêmes minimes, la fatigue, par exemple, celle-ci influence énormément les humeurs. Et fatigué, vous l'avez l'air de l'être. »

Ça le surprend. La fatigue est une émotion... ? Ah bon ? Alors dans ce cas, il est l'être le plus émotif du monde. Pas besoin de faire une introspection trop poussée, ça, la fatigue, il connaît. Il n'a jamais assez d'heure de sommeil et même quand il dort douze heure, il a une espèce d'autre fatigue. Comme une fatigue de petit vieux, tout l'épuise. Pas physiquement ! Physiquement, tout va très bien. Les tours de terrains et les pompes, tous les matins, il supporte sans problème, il est juste un peu essoufflé à la fin. Mais... C'est dur à décrire. Il finit par simplement dire ce qui lui semble le plus juste :

« Oui. Beaucoup. Et souvent. »

Il espère ne pas dire encore une connerie, parce qu'il essaye sincèrement de dire ce qu'il la vérité. Il se rend compte d'un coup que son apparence et le crime pour lequel il a été mis ici ne doivent pas aider pour que le psychologue le pense digne de confiance. Il a raison, ceci dit ; il n'est pas digne de confiance, il a tué quelqu'un. De sa famille en plus. Il a tout à fait sa place en prison.

« Avez-vous des questions ? »

Tellement. Mais elles relèvent toutes plus de la philosophie que d'une séance chez le psychologue. Quand à ça, il n'en a pas vraiment de pertinente, alors il se contente de secouer un peu la tête de droite à gauche.

« A quoi pensez-vous en ce moment même ? »

Il fronce encore un peu les sourcils. Quoi ? Comment ça ? A quoi peut-il bien penser ? Gérer l'instant présent est déjà bien assez compliqué pour qu'il n'ai pas besoin de penser à autre chose. Ça l'épuise, ça lui prend la tête, ça le stresse, il ne va pas non plus se mettre à faire quarante choses à côté. De plus, c'est malpoli de ne pas faire attention à ce quelqu'un nous dit. A moins que ce ne soit une question-piège vraiment tordue, la réponse la plus logique est :

« Eh bien, à ce que nous sommes en train de dire ? »


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Gabriel Goodman
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Lun 7 Nov 2016 - 9:34
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Un passé sombre aux odeurs de pin. 

The pretties liars, the ugly true
« Pouvez-vous me décrire cet état de fatigue ? »

Essaya Gabriel, en ayant déjà un début de réponse. Toutefois, il était important pour Ahotehonaw de mettre des mots sur ce qu'il ressentait, oser émettre un jugement sur son état. Peut-être que de « refuser » d'extérioriser était son moyen de se défendre ; chacun avait sa méthode. Gabriel, pour sa part, préférait tout conserver sous un masque neutre et doux. Il refusait de montrer une parcelle de son « véritable lui », parce que la société ne le comprendrait pas. Il avait un sens aiguisé de l'observation, mais sa moralité était enduite de cynisme. Après tout ce que son patient avait subi, il était selon lui logique de passer par cette étape ; il était fermé dans un état de mort à moitié vivant. Quelque chose de particulier, car il devait apprendre à vivre. Réapprendre. En prison. Le paradoxe le faisait doucement rire, au fond ; comment espérer que les gens soient sauvés d'eux-mêmes en prison ? Lorsque Gabriel observait ses rapports, et qu'on lui faisait mettre le mot « guérison » sur un patient, il se demandait à quel point cela était un leurre. Malheureusement, pour ce qui était des drogués, ils pouvaient être réellement soignés en prison ; toutefois, une fois dehors, ils replongeaient pour les mêmes raisons qui les avaient amenés en prison. La marginalisation, la sensation de ne pas être utile en ce monde, et tout un tas de choses auxquelles Gabriel ne pensait pas.

Et quand le Hopi lui retourna la question, en quelque sorte, cherchant la bonne réponse, Gabriel eut un bref sourire triste. Il savait qu'il avait compris ce qu'il lui avait demandé plus tôt, toutefois, il ne l'aidait pas dans son travail. Cela venait-il de lui ? De sa personnalité ? Ou devait-il simplement lui laisser un peu de temps ? L'air de rien, tous les deux devaient apprendre à se connaître pour élaborer le travail à faire, consolider le lien, entamer une structure forte. C'était comme bâtir une maison, en quelque sorte, et pour que celle-ci soit solide, ils avaient besoin tous les deux de fondations fortes. Il hocha la tête, comme pour approuver ce que le jeune homme disait.


« Et qu'est-ce que tout cela vous évoque ? »

Se renseigna Gabriel, en continuant de le fixer.

Puis, le jeune homme eut une idée. Bizarrement, il ne pensait pas devoir rejouer une telle chose de si tôt. Depuis Eliott, il n'avait pas recommencé, même si Soan aurait pu l'y pousser. Se détacher de ce petit garçon blond bien éduqué qu'il voyait dans le regard d'Ahotehonaw. Gabriel but une gorgée de café, et lentement, son corps sembla se déplier ; il défit les boutons de ses manches qu'il remonta sur ses avants-bras. Ensuite, il fit glisser sa cravate hors de son cou dans un bruissement doux, et il la reposa derrière lui, sur le dossier de son fauteuil. Il détacha les deux premiers boutons de sa chemise, il en releva le col. Plutôt que de se remettre les jambes croisées, il garda celles-ci « en carré », la cheville droite sur son genou gauche. Il sourit au Hopi, puis il reprit :


« Quelles pensées, quelles émotions cette conversation vous donne ? »

De l'ennui ? De la fatigue ? Gabriel n'espérait pas tout résoudre avec son petit tour de magie, mais d'au moins l'aider à se détendre. Dans le pire des cas, il passerait pour un homme bizarre. Bah...

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Lun 2 Jan 2017 - 10:00








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Gabriel x Ahotehonaw




« Pouvez-vous me décrire cet état de fatigue ? »

Il se gratte nerveusement la main. Oui bien sûr ; on allait lui demander de décrire ses émotions. Chose tout à fait impossible pour lui, qui manque d'une part d'imagination et d'autre part de vocabulaire.

« Je suis... euh... »

Il ferme la bouche et fronce les sourcils, décidé à ne pas parler pour rien. Comment décrire la fatigue ? On dirait un sujet de dissertation ! La dernière fois qu'il a fait une dissertation, ça remonte à plusieurs années, maintenant. Non, attendez, s'il ne peut pas trouver une définition, peut être qu'il peut quand même trouver un exemple ? C'est comme... c'est comme... Comme quand il devait rentrer à pieds depuis la ville à la réserve parce que le car ne passait pas le soir. Deux heures de marche dans le désert, toutes les nuits. Il n'avait pas peur : il connaissait la route par cœur et il était dans la solitude la plus totale. Mais il était épuisé ; ses yeux le piquaient, ses jambes et la plante de ses pieds étaient affreusement douloureuses. Sachant qu'il n'avait pas le choix, pourtant, il continuait d'avancer, le crâne et les yeux vides, répétant le chemin qu'il connaissait sur le bout des doigts. Il va pour dire ça, mais se retient. C'est idiot, puis ce serait une explication inutile. Il fut soulager que Mr.Goodman continue :

« Et qu'est-ce que tout cela vous évoque ? Quelles pensées, quelles émotions cette conversation vous donne ? »

Il ne sourcilla pas quand le psychologue se mit à l'aise, mais accusa intérieurement le coup. Il suivit ses gestes du regard. Il a l'habitude. Les gens qui se mettent à l'aise avec lui. Le juge qui arrive en retard à son procès, les jurés qui ne le saluent même pas, alors que lui le fait. Même, bien avant ça : les assistantes sociales condescendantes, les clients du garage où il travaillait irrespectueux. Les gens qui se mettaient à l'aise avec lui parce que de toutes façons, il était un peu moins respectable. Quoi qu'il fasse. Il se tend, et l'idée d'écraser le visage de ce psy méprisant contre la table lui traverse l'esprit. Il serre les poings. Il est en prison dans tous les cas, de toutes façons, non ? Non, il déplie les doigts. Il n'est pas là pour ça. Aussi désagréable que soit cette personne, il faut être correct avec et de toutes façons, il y a des raisons de le mépriser. Il répond rapidement :

« Elle m'inquiète. Et me fatigue. »
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Gabriel Goodman
Psychologue
Jeu 5 Jan 2017 - 13:50
ft. Ahotehonaw Fredericks & Gabriel Goodman
Un passé sombre aux odeurs de pin.

The pretties liars, the ugly true

Bon, bon, bon. Gabriel avait beau être patient, calme, doux, tout ce qu'on voulait de lui, il avait des limites. Là, le jeune homme commençait à se sentir désespéré, quand bien même il ne le montrait pas. Ce que Ahotehonaw ne comprenait pas, c'était que pour l'aider, le psychologue avait besoin qu'il l'aide. Il put sentir l'agressivité chez le jeune homme, mais il ne se laissa pas atteindre. Il n'avait peur de rien, et même s'il se doutait que l'indien pouvait lui broyer la nuque en lui faisant une pichenette, il n'aurait pas peur. Il se contenta de prendre une profonde inspiration, et il retourna son attention sur Ahotehonaw, en sentant que COMME TOUS LES AUTRES, il se retrouvait à le juger sur des détails ridicules.

On reprochait à Gabriel de juger les autres, alors qu'il subissait les préjugés en permanence. Il était blond, bien éduqué, et bien habillé ? Cela faisait de lui un connard méprisant naturellement. Il se prenait du racisme antiblanc de la part des détenus noirs, parce qu'il représentait tout ce qu'ils détestaient. Parce qu'il osait dire les choses, il servait de connard ; la moindre excuse leur servait pour le détester, parce qu'il fallait quelqu'un à détester et qu'il était facile de le prendre pour cible.


« En quoi vous inquiète-t-elle ? »

Essaya-t-il encore. Les mains jointes sur ses cuisses, le regard posé sur son patient avec neutralité. Le truc, c'était qu'il voulait bien laisser le temps au jeune homme d'apprivoiser la conversation, de se détendre, et etc... mais Gabriel pensait deviner que cela ne marcherait pas. Il songea à un instant de l'encourager à voir Monsieur Evans plutôt que lui, croyant qu'il pouvait constituer le problème, comme il avait tendance à être « le problème » de tout le monde ici. Pour Soan, son café était froid ? C'était de sa faute. Enfin, bref, là n'était pas le sujet. Il ne méprisait pas Ahotehonaw, mais il se désolait devant son manque de motivation ; il pouvait comprendre ses raisons, ses craintes. Toutefois, il ne pouvait pas faire de miracle seul. Si tout pouvait être aussi simple, son travail ne boufferait pas autant son existence. Il coula un regard vers la fenêtre, puis de nouveau vers l'indien, en s'interrogeant sur ce qu'il ressentait. S'il arrivait lui-même à savoir ce qu'il ressentait.

Le traumatisme était profond, en même temps, comment pouvait-on se remettre facilement de ce genre d'épisodes ? L'histoire de Fredericks ressemblait à une mauvaise case dans un journal à sensation, le genre de papiers poubelles où on exhibait en première page des cadavres, des enfants défigurés par les violences de leurs parents. Qu'est-ce qui le gênait autant chez lui ? Comme tous les autres ? Ou bien, l'espèce de figure d'autorité qu'il prenait parce que son avenir était remis à son jugement ?



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Dim 8 Jan 2017 - 17:43








Just Desserts
Gabriel x Ahotehonaw




Il a un tout petit haussement d'épaules et se mord la langue. Il fait à peine attention à ce qu'il répond -même si ce n'est pas très poli, oui, il sait. Mais il se rattrape à la réponse d'après -et la suivante et celle d'après. Mais il a beau essayer, c'est un dialogue de sourd. Il n'arrive pas à savoir ce que le psychologue cherche – pourquoi il est si triste et si fatigué ? C'est pourtant évident. Qu'est ce qu'il pourrait dire de plus ? Comment il pourrait dire, de toutes façons ? Il n'a jamais été capable de dire des choses simples spontanément et on voulait encore qu'il exprime oralement des choses aussi complexes que les sentiments ? Il avait fait des efforts, pourtant, mais impossible de se faire comprendre. Et sa motivation diminuait énormément avec la durée de l'entretien, d'autant plus qu'il était maintenant sur ses gardes par rapport à Mr Goodman, qui devait très certainement le voir comme il était -un monstre affreux, indigne de la seule condition humaine. En soit, il avait parfaitement raison. Pourquoi chercher à se soigner, alors ? Il était perdu à la bonne cause.

Il sent le poids d'une culpabilité sans nom lui tomber sur les épaules et les larmes lui monter aux yeux. Il se doute que, malgré ses efforts, il doit avoir paru fermé et pire qu'hostile toute la fin de l'entrevue. Ses réponses se font de plus en plus courtes, de plus en plus vagues, sans intérêt. Il répète les mêmes idées en boucle : la fatigue, l’inquiétude. C'est tout ce qu'il arrive à faire passer, c'est tout ce qui lui vient d’intéressant. Il accueille la fin de l'heure comme un soulagement total. Quand on lui indique qu'il peut partir, il doit se retenir très fort de prendre ses jambes à son cou. S'il ne savait pas que c'était le meilleur moyen pour s'attirer des ennuis, il ne serrerait même pas la main du psychologue, il cavalerait jusqu'à l'autre bout de la prison sans se retourner.
Mais il ne le fait pas. Il dit poliment au revoir et merci. Il se laisse faire par le gardien qui vient le chercher. Il faut qu'il dorme. Il n'a envie que de ça. Sa tête tourne, ses yeux sont tout gonflés – il espère ne pas croiser la jolie directrice dans cet état. En partant, il jette un dernier coup d’œil par dessus son épaule, au bureau du psychologue. Et dire qu'il va devoir revenir toutes les semaines. Quel cauchemar.
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The pretty lies, the ugly truth | Gabriel
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