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Reed Rowe

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Date d'inscription : 21/07/2016
Localisation : Je te demande quand tu chies ? Non.

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Âge du personnage: 24 ans.
Taille: 1m65
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Reed Rowe
Chef Dark Sun
Jeu 21 Juil 2016 - 23:00

Reed Rowe


Avatar : Nux, Mad Max Fury Road

Identité
Nom:Rowe
Prénom: Reed
Surnom: Le Gnome, la Teigne, etc.
Âge: 24 ans.
Nationalité: Sang pur.
État-civil: Veuf.
Rumeur(s) à votre sujet: Reed Rowe aurait été un « enfant cobaye » de la science. L’Etat aurait testé sur lui des tas de produits et médicaments divers ce qui aurait stoppé sa croissance et rendu son apparence aussi cadavérique qu’elle l’ait aujourd’hui. On raconte aussi qu’en lui, il a tout un tas de maladies moyenâgeuses encore « endormies » au cas où on voudrait relancer une épidémie dans le monde.

Incarcération

Motif d’incarcération: Homicides volontaires, trafic d'armes et de drogues, tentatives d'évasion : la seconde a réussi, mais Reed a eu la bonne idée de continuer les conneries. Actes terroristes à l'encontre de minorités raciales, meurtres homophobes. Dans son ancienne prison, il a tué deux gardiens, un infirmier. La liste ne s'arrêtera jamais.
Durée de la peine: Perpétuité.
Incarcéré depuis: Il est ici depuis deux ans, il est en réalité incarcéré depuis ses  19 ans.
Nom du gang : Dark Sun.
Poste occupé : Chef.



Caractéristiques physiques

Taille: 1,65m.
Poids: 51 kg.
Corpulence: Sec et musclé.
Cheveux: Il devait être blond vénitien.
Yeux: Bleu.
Famille ethnique: Il dirait « Aryenne. »
Modifications corporelle: Scarifications, tatouages divers sur la poitrine et le dos, dont le symbole nazi entre les épaules. Il a eu le crâne scalpé, il porte plusieurs cicatrices, dont une en plein milieu de son visage ; souvenir d'un coup de couteau esquivé trop tard. À une époque, il portait tout un tas de piercings dans les oreilles, l'arcade, et les lèvres. Ces dernières ont été « rasées » de près, si bien qu'on dirait que Reed n'en a plus. Il a depuis peu, une sorte de scarification sur le crâne, le Soleil Noir.

« T'as une sale gueule, mec.
— T'en fais pas, tant que tu me vois pas sourire, t'as rien vu. »

Reed n'est pas beau, Reed est sec et petit, comme un rat. Vers ses seize ans, il a accepté l'idée qu'il ne grandirait plus, et qu'il serait toujours le nerveux de service qui aboie toujours trop fort, et qui montre les crocs. Malgré sa taille, Reed ne passe pas inaperçu : la faute aux nombreux tatouages et scarifications décorant son corps sec. Le plus important se situe dans son dos, entre ses omoplates, où l'on retrouve le symbole nazi tatoué avec à chaque branche, le chiffre « six ». Il prétendra que chaque marque a son histoire, et son importance ; le signe de son appartenance à l'Aryan Brotherhood a été le premier à se planter dans sa chair. Dès lors, les autres ont suivi.
 
« On peut te planter quand on veut.
— Ah ouais, tu veux tester ? »

Toutefois, ce que Reed ne peut pas avoir en faisant deux mètres et en étant noir, il l'a eu en agilité. Rapide, souple, il sait se faufiler n'importe où, et bouger comme un danseur. S'il se laisse attraper, ce sera pour mieux poignarder son adversaire. Son corps ne possède presque aucune graisse, son crâne aucun cheveu, et ses muscles sont durs. Sa peau ressemble à des écailles, tant elle s'est abîmée au fil des années, et raffermit. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas grand qu'il n'est pas dénué de muscle, au contraire. Reed prétendra toujours être capable de faire tomber un colosse d'un seul coup de poing ; il suffit de viser dans les couilles.

Reed ressemble à un cadavre ; il en possède les os saillants, les yeux enfoncés dans leurs orbites, et des pommettes hautes. Tout son squelette ressort, donnant l'impression que les scarifications y sont gravées dedans, directement. Ses mains sont grandes, comme ses pieds, décharnés, avec les ongles arrachés sur certains doigts. Il n'a presque aucun poil à cause de ses tatouages, et de ses cicatrices, et de loin, on dirait un enfant déguisé en un personnage de Mad Max.

Le crâne proéminent, Reed a les sourcils fins dans ses beaux jours, ou il les rase, tout simplement, afin d'accentuer la dureté de son regard. Il a la mâchoire carrée, le nez en patate, et les lèvres décharnées, rouges. Une cicatrice sépare sa face en deux, ne faisant qu'alimenter cette impression de grotesque qui se dégage de lui. Ses yeux sont bleus, les pupilles dilatées la majorité du temps ; il est expressif. Il possède les oreilles décollées, un peu en pointes.

« Pas besoin de maquillage avec toi pour Halloween.
— C'est comme ça que j'ai pu descendre ces sales nègres. »

Le cou long, Reed a pourtant des épaules larges, les jambes arquées, et les pieds plats. Il a appris à grimper partout, comme un singe, vif et souple. Pour autant, il sait se faire discret parfois, profitant des moments d'inattentions de ses cibles, afin de frapper depuis les ombres. Son corps ? Ce n'est que le simulacre de son esprit, il sait le modeler, il sait s'adapter à la douleur ; Reed sait cacher des objets sur lui, et les lames, les aiguilles, il n'a pas peur de se les enfoncer lui-même dans la chair.

« T'es un taré, mec.
— Tu crois ? L'humanité n'a jamais vu homme plus sain que moi. »

Reed voit constamment l'enfer, il s'est accommodé au chaos, si bien qu'il l'est devenu.


Dossier psychologique

Défauts et qualités: Impulsif, violent, cruel, sadique, raciste et homophobe. Reed n'a aucune limite, et il ressemble à une bombe sur le point d'exploser. À une époque, il était pourtant gentil, et docile. Maintenant, ses qualités ? Il sait être calme lorsque ça dessert un but en particulier, il est malin, et sait s'accommoder de beaucoup de situations. Il est fort mentalement et physiquement ; depuis « ça », il s'est reconstruit maintes et maintes fois.
Objectifs et ambitions: Débarasser la prison de tout le sang impur, que ce soit chez les détenus que chez les membres du personnel. Et sortir, bien sûr.
Tocs et manies: Reed aime jouer avec un cure-dent, que ce soit le gardant en bouche, ou sur ses proies. Il a tendance à « danser » lorsqu'il marche, il ne dort jamais sans une arme improvisée dans sa cellule. Il crache souvent, il mastique, et ne ferme pas la bouche quand il mange.
Peurs/phobies: La peur, c'est pour les tapettes.

« Il faut être sacrément con pour être raciste à ce point !
— Si tu le dis.
— Tu ne survivras pas par ici.
— C'est ce que la dernière merde dans ton genre m'a dit, puis... j'ai fait cramer sa peau, ça puait le cuir. »

Quel est l'homme le plus effrayant ? Ce ne sera pas celui qui découpe les autres, afin de les cuire sur son barbecue, ni celui qui prétendra voir des choses affreuses, ou encore moins le médecin décidant de réécrire Frankenstein lui-même ; non, l'homme le plus effrayant est celui qui n'a plus rien à perdre. Reed n'est pas fou, l'on peut même dire qu'il est sain d'esprit : à sa manière. Il s'accroche à ses idéologies et à la violence, parce qu'il n’a aucune raison de vivre en dehors de ça. Son esprit est chaotique, et pourtant, il est d'un pragmatisme étonnant. Tellement de fois, il a été brisé, tellement de fois, il s'est vu consumé par les horreurs, tellement de fois il s'est vu piétiner par les autres, et tellement de fois, il est revenu de ses cendres. La colère, ça a du bon ; c'est ce qui a permis à Reed de se relever, comme un mort vivant, et de terminer ce qu'il a commencé. On ne s'attaque pas à lui sans en subir les conséquences.

« T'es tout petit et moche, sérieusement, qui voudras de toi ?
— Le souci avec les nègres, tel que toi, c'est qu'ils sont cons. Tu crois que ma taille va m'empêcher de te couper la bite ?
— Je vais te fracasser le crâne.
— Pour moins que ça, j'ai éborgné un mec, tu veux tâter ce que le petit blanc a dans le ventre ? »

Reed ne connait pas la peur, Reed n'a pas de limites. La rage, la haine, ce sont les merveilleux instruments de sa survie en prison. Il a parfaitement conscience qu'il est difficile de le prendre au sérieux avec son 1,65 mètre, mais il en joue. Reed, c'est le renard à la patte amputée qui trouvera toujours le moyen de mordre son chasseur, et il prendra sa place. Le meurtre ? Le viol ? La violence ? C'est devenu son quotidien, il n'a qu'à ne pas se faire avoir ; voilà tout. À une époque, il pouvait ressentir le chagrin et la peine, puis peu à peu, au fil des années, au fil du temps qu'il a passé derrière les barreaux, ces sentiments se sont éteints. Soufflées par le vent, leurs cendres ont disparu dans le ciel ; Reed a même fait une cérémonie pour leur mise à mort.

« T'as une raison à tout ça ?
— Ouais, mon credo c'est : Blood in, Blood out.
— Arrête tes conneries !
— Mes conneries ? »

Pour la Fraternité, Reed est prêt à tout ; il se moque de finir tabasser par une bande de nègres, ou égorger comme un goret dans sa cellule. À son âge, il a déjà l'impression d'avoir trop vécu, alors il se laisse chuter encore et encore, espérant la fin explosive. Il est persuadé d'avoir raison ; sa race, son sang est supérieur à tous les autres. Les homosexuels ? Depuis quand peut-on nommer ces choses des humains ? Les Juifs ? Des voleurs, des escrocs. Les Mexicains ? Des sales bouffeurs de tacos. Les Arabes ? On aurait dû les décimer depuis le 11 Septembre. Toutes ces justifications cachent la vérité, bien plus trouble et ambigu que Reed veut bien montrer ; il n'a pas peur du sang impur, il veut juste recouvrir la terre de sa couleur noire. Et Reed ne dormira uniquement une fois ce but atteint.

« T'es un malade !
— De moi et toi, le plus sain ? C'est moi. »


Santé

Etat de santé générale: Il fait attention à sa santé depuis qu'il a contracté des MST.
Allergies ou addictions: Il aime la cocaïne, mais sa drogue la plus dure est l'adrénaline. Il est sensible au soleil, et il peut « voir » les sons.
Soins réguliers (traitements): Il est régulièrement observé pour dépister certaines maladies, comme il a déjà eu l'hépatite B et la chlamidya.

Histoire : Première partie.


/!\ L'histoire est longue, et dure, attention aux sensibles /!\
« Les codes sont faits pour être bouleversés.
— Ah oui, et pourquoi selon vous ?
— Vous savez, doc, j'aurais pu être à votre place... Je vous arrête tout de suite, je me doute qu'on a dû vous le sortir pas mal de fois, mais moi, c'est vrai.
— Pourquoi ?
— Parce que je suis futé, sans doute plus que vous, d'ailleurs. Contrairement à tous ces cons autour de moi, je vois.
— Et que voyez-vous ?
— Je pourrais être sourd, le monde restera pour moi limpide ; je n'ai qu'à m'attarder sur les couleurs. »
Malgré sa taille, Reed ne se sentait pas gêné de parler à un mec plus grand que lui ; c'était devenu une habitude. Bien sûr, comparé aux autres détenus arpentant la prison, ou son chef, il était « particulièrement » petit. Ouais, « particulièrement, » c'était un mot important pour lui. C'était ce qui le faisait sortir de la norme ; son 1,65m était sa marque de fabrique. En face du psychologue, Reed ne bougeait pas trop : la plupart du langage se traduisait par les mouvements, et il ne voulait pas qu'un type pareil puisse connaître ce qu'il cachait au fond de son âme. Déjà qu'il avait failli se faire avoir à cause de sa tignasse blonde...
« Je ne suis pas fou, doc.
— Je ne crois pas en la folie, Monsieur Rowe. »
Mais le gamin pourrait lui plaire. Reed sourit.

Tout commença... oh... les dates, ce n'était pas son fort ; on s'en fiche. Reed était gamin, il devait avoir huit ans, dans ces eaux-là. Si jamais vous vous demandez, non, il ne ressemblait pas à Dobby petit. Gosse, Reed était comme tous les autres, et même : il était le plus grand de sa classe. Si ça n'est pas étonnant ! Il avait une épaisse chevelure blonde vénitienne, de grands yeux bleus ; une vraie gueule d'ange comme le psy en face de lui. D'ailleurs, sa tronche lui faisait un pincement au coeur, il pensait à sa mère.
Reed était l'enfant du milieu, trois enfants : deux filles, et un garçon. Là encore, ne vous leurrez pas, ce n'est pas dans ses relations avec les femmes et son père que le problème a commencé. Il vivait dans l'Illinois avec les siens, deux filles, et un garçon. Il aimait bien être l'enfant du milieu, et être le seul garçon de sa famille ; au moins, son père le tirait hors de la maison pour faire des trucs qu'il ne pouvait pas faire avec ses filles. La chasse, par exemple, la mécanique... son père était un homme passionné, qui lui a transmis sa fougue. Le passe-temps préféré de Reed consistait à démonter tout un tas de trucs, la télévision, le fer à repasser, afin d'en comprendre les mécanismes.
J'avais dit... qu'il devait avoir huit ans ? Oui, il devait avoir huit ans.
Quand il l'a vu.
C'était un jour de pluie, Reed était devant le tableau. Sa maîtresse se tenait à quelques pas, alors qu'elle lui demandait de résoudre un problème. En réalité, Reed en avait compris les rouages, et il faisait le pitre ; au moins, la professeure perdait du temps à le ramener au calme, et à lui expliquer le problème, tandis qu'il prétendait être stupide. Pendant ce temps, les copains n'avaient pas à écouter ses leçons chiantes de mathématiques, ils pouffaient devant les pitreries de Reed. Mais dès que la porte s'ouvrit, Reed s'arrêta de faire le con. La craie écrasée contre le tableau noir, il fronça les sourcils, et il tourna la tête vers la nouvelle venue.
« Bonjour, jeune fille, que veux-tu ?
— Je... euh.... Ma Maîtresse voudrait savoir s'il vous reste des feutres. »
Ah... bon sang... Reed n'avait jamais une fille aussi jolie ! Même sa mère — plutôt bien conservée malgré ses trois accouchements — n'avait jamais été aussi belle. La craie tremblait entre ses doigts, il ouvrait la bouche ; ses copains rirent plus fort, en voyant sa tête d'abruti.
« Quel est ton nom ?
— Hélène.
— Héléne, murmura Reed tout bas. »
Hélène releva sur lui ses grands yeux verts, elle lui sourit timidement, et le garçon crut qu'il allait s'écrouler. Il devint rouge, autant qu'un enfant de son âge pouvait l'être devant l'amour de sa vie ; il n'avait que huit ans, et voilà que déjà, il se voyait faire sa vie avec elle. Elle serait sa princesse, il serait le chevalier qui irait pourfendre des milliers de dragons pour elle, oui, il a eu ce que l'on appelle un « coup de foudre ». Hélène referma délicatement la porte, et la Maîtresse lança à son élève :
« Reed, arrête de rêver, et résous ce problème !
— Euuuuuh... »
Ses amis cachèrent leurs grandes dents de lapin derrière leurs mains, leurs épaules se secouaient, tandis qu'ils faisaient :
« Pffpfff... ! »
Jamais la fin de l'heure ne lui parut si longe, Reed se concentra sur le bruit de la pluie tombant contre les fenêtres. Il était nerveux, et dans sa tête, il tournait en boucle sa rencontre avec Hélène. Lorsque la classe se termina, il bondit de sa chaise, il attrapa ses affaires, et comme un renard, il fonça en dehors de la classe. Il fouilla les couloirs à la recherche de sa princesse, il passa sa tête dans toutes les pièces alentour, avant de la trouver devant les escaliers. Sa longue chevelure rousse tombait dans son dos, nouée en une tresse relâchée ; il avait envie de la toucher, cette chevelure, connaître la texture, l'odeur de sa peau. Lorsque Héléne parlait, des taches colorées éclataient autour d'elle, comme lorsqu'on écrase un pinceau sur une surface blanche. Reed se cacha, craignant d'être vu et rejeté par sa belle ; il avait les mains moites. Puis, Reed fit tout ce qu'un garçon de son âge fait quand il est amoureux : il fondit sur elle, et il tira sur ses cheveux. Voilà ! Il les avait touchés ! Elle poussa un cri de douleur, les taches s'affinèrent, et devinrent une ligne orangée s'étendant jusqu'à se briser, lorsqu'elle se tut.
« Mais t'es stupide !
— Idiote ! Idiote ! Idiote ! »
Répéta Reed en courant pour s'échapper. Sans attendre, il sauta dans une flaque dehors, et emmêlés dans ses doigts, il fixa les quelques cheveux qu'il lui avait arrachés en les tirant. Il eut un grand sourire béat sur son visage de petit blond, puis il rentra chez lui.

Un tas de personnes considéraient Reed comme intelligent : sa maîtresse, ses parents, son oncle, son professeur de Taekwondo, ou même leur voisin. Toutefois, lui, il avait l'impression de devenir particulièrement stupide lorsqu'il était en présence d'Héléne. Plusieurs fois par jour, il se jouait une scène similaire : il l'abordait, il posait sa bouche baveuse sur la sienne, et en réponse, Héléne lui promettait un amour éternel. Toutefois, plutôt que d'arriver à la saluer, il la poussait sur son amie ; à défaut d'avoir son amour, il avait son attention. Elle se mettait à hurler sur lui, ses yeux verts lançaient des éclairs de haine sur sa face blanche, tandis qu'il se mettait à rire pour cacher son trouble. Hélène, ça serait sa future femme ; Reed se le promettait. Pour autant, les années passèrent sans qu'il arrive à lui parler : de loin, il préférait veiller sur elle. Malgré son intelligence, il ne trouvait jamais la bonne occasion pour lui montrer un autre visage, différent de celui du petit con passant son temps à lui tirer les cheveux. Mais il veillait sur elle.
Et un soir, il put le lui démontrer. Alors que Héléne rentrait de son cours de piano (Reed s'était inscrit dans le même conservatoire, quand bien même il n'aimait pas la musique), il ne trouva ni le courage de l'approcher, ni celui de lui sourire ; il se contentait de la suivre. Il venait d'avoir douze ans, et dans son sac.
Soudain, Reed vit des taches orange grossir sous la pluie diluvienne, elles s'étalèrent devant ses yeux, tandis qu'une voix criarde geignait :
« À l'aide ! A l'aiiiiiiide ! »
Reed cligna des yeux, afin de se débarrasser des taches de couleur, mais lorsqu'il les rouvrit, Hélène avait disparue. L'eau dégoulinait sur ses épaules, il sentit le froid transpercer ses os d'un coup ; il venait de comprendre. Il bougea la tête plusieurs fois, à la recherche d'Héléne, il marcha, il tourna sur lui-même. Puis de nouveau, les taches volèrent sous son nez ; elles venaient du bout de la rue. Reed fronça les sourcils, il fondit alors en dévalant la rue à grande vitesse, les flaques d'eau pénétraient ses chaussures de toile. Il n'arrivait pas à se concentrer sur la voix d'Hélène, la pluie écrabouillait ses tympans, l'orage grondait ; les taches allaient le mener à sa princesse. Il s'arrêta brusquement, il glissa en avant, mais il se rétablit en penchant en avant. Reed plissa le front, et il croisa les yeux verts d'Hélène. Les taches se dissipaient dans les raies de la pluie, tandis qu'un homme en imperméable la tirait dans une ruelle sombre, humide.
« Aidez-moi ! Lâchez-moi, pitié, je serais gentille, pitié ! »
Reed bandit les muscles, il jeta son sac au sol, et il marcha lentement vers l'homme. Il lui tournait le dos, occupé à plaquer contre une baine à ordures la fillette. La haine, la colère... plutôt que la raison et la peur, il sentit ces deux émotions pénétrer ses poumons. Reed ne tremblait pas, il ne haletait pas ; au contraire, jamais il ne s'était senti aussi tranquille. D'un pas de loup, il se rapprocha de l'homme.
« Chut, c'est rien, ferme les yeux, et dis bonjour à AAAAAAAAAARG ! »
Reed avait bondi sur l'homme, il enserra son cou de ses bras. Sans la moindre hésitation, il planta ses dents dans son oreille, et il la tira de toutes ses forces. L'autre relâcha Hélène, il recula en titubant, il cherchait à attraper le gnome sur son dos. Mais Reed n'en démordait pas, il perçait son lobe, et il le sentait se tendre comme un élastique qu'il tirait. Le goût du sang s'imprima sur sa langue, et finalement, il fut écrasé contre le mur. Son crâne claqua contre la surface rigide, il mordit ses lèvres, puis ses bras défirent leur emprise.
« Espèce de petite merde ! »

L'homme frappa Reed dans le ventre, le gamin cracha de la bile, et il gémit de douleur. Hélène était à un mètre de lui, en larmes, il lui lança un petit regard moqueur ; au moins, elle était hors de danger. Il protégea sa tête lorsque l'autre écrasa sa chaussure sur sa joue, il devait attendre une ouverture.
« Espèce de sale con ! »
La vision floue, Reed n'entendait plus rien, hormis un son aigu ; il se répétait en boucle qu'Héléne devait fuir. Il ouvrit la bouche, et à nouveau, il vomit de la bile. L'homme sembla se calmer, le souffle court, il fondit sur sa princesse. Mais cette dernière, comme si voir le garçon se faire battre pour lui sauver la peau, se réveilla. Elle lui attrapa le poignet, elle mordit dedans comme l'aurait fait un chat. Il lui envoya une baffe magistrale qui l'a fit voler plus loin.
« TOUCHE PAS HELÉNE CONNARD ! »
Reed se leva, il ignora la douleur dans son ventre, et encore, il se jeta sur le pédophile. Toutefois, le vacarme eut le mérite d'alerter une passante ; cette dernière poussa un autre cri strident, et elle prévint un autre. Rapidement, l'agresseur se fit maîtriser par les adultes, on prévint la police. Les deux enfants se tenaient l'un contre l'autre, la tête couverte sous un épais manteau de cuir qu'on leur avait donné. Hélène portait un parfum de vanille, ses cheveux roux chatouillaient la peau de Reed, et au bout d'un moment, elle couina :
« Je pensais que tu me détestais.
— Mais non...
— Pourquoi étais-tu là ? »
Reed fronça les sourcils, il prit alors tout son courage pour poser sa main sur son épaule, et il la serra contre lui. Il souffla soudain, l'haleine acide :
« Parce que je veillerais toujours sur toi, Hélène. »
La fillette cligna des yeux, elle tremblait de froid, et en état de choc, elle se blottissait contre lui. Malgré le froid, malgré le vent et la pluie, Reed avait chaud. Il continuait de sourire, puis il osa écarter quelques mèches rousses de son beau regard vert, il effleura furtivement les taches de rousseur éparpillées sur son visage en forme de coeur.
« Tu es mon héros, déclara-t-elle.
— Bof...
— Merci, Reed. »
Et ce dernier l'enlaça, sans hésitation.

« Vous savez, doc, je suis un chat.
— Pourquoi, un chat ? »
Reed gardait un sourire moqueur ; il avait la laideur d'un mauvais clown. Celui qui effraie les enfants le jour de leur anniversaire, parce que son maquillage fond à la chaleur de l'été, et laisse voir les pores de sa peau, les plis, le rouge à lèvres écarlate suintant sur les lèvres.
« Parce que j'ai neuf vies.
— Intéressant, et pourquoi avez-vous neuf vies ? »
Reed leva son index, puis son majeur... rapidement, trois autres doigts se levèrent.
« Je suis mort plusieurs fois, et je suis revenu. J'ai vu l'autre côté.
— Et... à quoi ressemble l'autre côté ?
Le Valhalla... on s'y retrouvera, doc, je vous y offrirais un verre. »

Reed adorait la pluie. Sans elle, il était persuadé qu'il n'aurait pas pu la sauver, et la conquérir. Sa petite aventure en avait fait un héros : l'enfant de douze avait été assez réactif pour frapper un pédophile, et mieux, il l'avait mordu. Bien vite, les parents d'Hélène cherchèrent à le remercier, et chaque semaine, Reed était invité chez eux pour le repas. Il était assis à côté d'Hélène, et il trouvait ça suffisant. Au moins, il pouvait lui parler sans la pousser dans le sable, la traiter de grosse, ou lui tirer les cheveux. Tous les matins, il passait chez elle pour faire un bout de chemin avec elle, puis ses parents venaient les chercher le soir, afin de les ramener en sécurité. Reed jugera plus tard que c'était les meilleures années de sa vie.
« Grand-père ! Reed est là !
— Ah oui, bonjour Rowe.
— Salut, monsieur. »
Le grand-père d'Hélène était un grand homme aux cheveux blancs, la barbe soigneusement taillée, et le regard vert. Vif, droit, il adorait les enfants bien éduqués, et il ne supportait pas le manque de discipline. S'il avait de l'affection pour Reed, c'était uniquement parce que ce dernier avait des « couilles » ; c'était par ailleurs, le seul mot vulgaire qu'il s'autorisait à dire. Reed avait des couilles, plus que l'idiot que sa tendre fille avait épousé.
« Dis-moi, Reed, que connais-tu de la Seconde Guerre mondiale ?
— Bah... euh...
— Sais-tu que c'est grâce aux nazis, que la science a avancé ? »
Et le grand-père avait des idées précises.
« Parles-tu allemand ?
— Non.
— Tu devrais l'apprendre, c'est une langue riche, et grâce à elle, tu pourras lire des traités intéressants.
— Bah... »
Quelque part, Reed savait bien que quelque chose clochait chez ce vieil homme, mais il cherchait à lui plaire. Toute la famille d'Hélène l'avait accepté, sauf lui, qui attendait encore et toujours qu'il fasse ses preuves. Il fourra du tabac dans sa pipe, en fixant le garçon, tandis que Hélène et sa mère débarrassaient la table. Dehors, on pouvait entendre la pluie claquer contre les fenêtres ; le sénior ne le quittait pas des yeux. Il notait dans un coin de son cerveau toutes les micros expressions que Reed avait, puis il les analysait consciencieusement.
« L'Allemagne, c'est le pays de la culture, et du génie, Freud, Wagner... tu connais Wagner ?
— La Chevauchée des Valkyries ?
— Oui... mon garçon, c'est bien... Hélène, mon ange, peux-tu mettre la Chevauchée ? »
Reed se moquait un peu de ça, mais il hochait la tête, écoutant le vieil homme pour lui faire plaisir. Il attendait le dessert avec impatience, et tandis que la Chevauchée se mettait en marche, il voyait sa musique s'étaler sur ses pupilles. C'était la première fois qu'il assistait à une telle chose : les taches changeaient de formes, elles grossissaient selon le rythme, et l'intensité. Elles se jetaient en bourrasque autour du vieil homme, qui en se levant, jouait la mesure avec ses deux index. Du bout de ses doigts, Reed contemplait les couleurs voler, comme si depuis sa peau, de la fumée s'élevait en harmonie avec la musique. Et enfin, lorsque le final s'enclencha, et qu'Hélène apportait les assiettes de Pudding, Reed ouvrit la bouche. Son grand-père tremblait de la main, et celle-ci fendait l'air lorsque les notes retombaient, alors que les taches la suivaient de près et de loin. Il frappait dans ses mains, accompagnant les notes mourantes dans des « claps » brutaux, tandis que de nouveau, tel de la fumée, les sons s'éparpillaient autour de lui. Reed ne touchait pas au Pudding, il avait la bouche grande ouverte devant le sénior.
« Eh bien, mon garçon, je vois que tu as l'oreille musicale.
— Ouais... Monsieur. »
Le grand-père se rassit, il croisa ses longues jambes sous la table, en goûtant au Pudding.
« Sais-tu pourquoi Auschwitz a existé ?
— Beau-Papa, s'il vous... commença le père d'Hélène, mal à l'aise.
— Taisez-vous, George, je suis en train d'instruire ce garçon, il a un grand avenir ! »
Plus tard, le grand-père d'Hélène remis à Reed deux choses importantes : sa petite-fille tant adorée, et sa Croix de Fer.

Hélène était belle, sous la pluie ; quand elle fermait les yeux, et qu'elle respirait, Reed voyait sa vision du monde se transformer. Chaque goutte tombant sur sa joue était une étoile venant du ciel, c'était sa façon de voir le « plic-ploc » continuel de l'orage. Son front posé contre le sien, il respirait son odeur de vanille mélangée à celle de la pluie. Il avait froid, mais un seul contact avec elle lui permettait d'être chaud. Il souriait, caressant sa figure du bout des doigts, la respiration tranquille. Oui, Reed était heureux.
Il l'embrassa sur le nez.
« On va attraper froid, lâcha-t-il.
— Et alors ? Je me sens bien.
— Moi aussi. »
Ils étaient allongés dans l'herbe humide du jardin de ses parents, la pluie recouvrait leurs deux corps d'adolescent. Les gouttes glissaient dans la nuque du garçon, son souffle caressait les lèvres de sa petite amie. Et depuis la cuisine, on pouvait entendre une vieille chanson tourner ; Reed s'attardait sur sa musique. Le grand-père d'Hélène lui avait transmis son goût pour elle, même si ce que la radio passait n'avait rien à voir avec la Chevauchée des Valkyries.

« Just take it from me,
I'm just as free as any daughter.
I do what I like,
just what I like,
and how I love it!

I'm right here to stay
When I'm old and gray,
I'll be right in my prime!
Living in the sunlight,
loving in the moonlight,
having a wonderful time! »

Le plus amusant, c'était que la nervosité de la chanson, et son apologie de la désinvolture contrastaient avec la tranquillité que le garçon ressentait. Le bras sous sa tête, Reed examinait la figure de sa copine se recouvrir de taches jaunes, un fort contraste avec les couleurs qu'il avait vues lors de la Chevauchée des Valkyries. Hélène finit par se tourner sur le dos, elle leva les mains vers le ciel, recueillant la pluie sur le bout de ses doigts. Elle portait une robe rouge tombant jusqu'à ses genoux, mais le tissu se collait à sa peau blanche, moulant la forme de ses seins, ses hanches. Reed mordit sa lèvre inférieure, puis il pressa sa taille en se redressant pour venir l'embrasser.
« Je t'aime. »
Oui, Reed était fou amoureux d'elle. Depuis ses huit ans, son monde se façonnait autour d'elle. Hélène sourit, puis elle passa ses bras autour de son cou.
« Tant mieux, Monsieur Reed Rowe, parce que moi aussi je vous aime. »
Les pupilles bleues de Reed transpiraient de tendresse, il n'avait jamais connu ça, et il ne connaîtrait jamais plus. Il déposa un baiser sur le bout de ses lèvres, puis, doucement, il se montra plus aventureux, jusqu'à descendre sa main sous sa cuisse.
« Pas avant le mariage, le gronda Hélène. »
Reed fit la moue, il inspira, puis il continua de découvrir la texture de sa peau rosée sous ses ongles, il lui proposa alors :
« Si je te demande en mariage, on pourra passer à la suite ?
— En mariage ? Voyons, Reed... on a que dix-sept ans.
— Et alors ? Je veux passer mon existence à prendre soin de toi, Hélène. »
La jeune fille plissa le nez, elle le détailla, elle caressa ses cheveux blonds.
« Mais il me faudrait une bague... et puis, mon père refuserait...
— Crois-tu ? Nos parents n'attendent que ça, et moi aussi, d'ailleurs. »
Hélène laissa échapper un petit rire, elle remonta son genou contre lui.
« Je ne sais pas.... et on vivra où ?
— Je travaillerais plus dur, je deviendrais le meilleur ingénieur du monde, et... tu n'auras à t'inquiéter de rien.
— Oh... Reed ! S'exclama Hélène. Oui, je le veux. »
Reed l'embrassa.

Avec le temps, Reed n'était pas devenu le gentil garçon que sa maîtresse d'école espérait. Bien sûr, il ne faisait rien de grave ; il tenait trop à Hélène pour poursuivre les idées nazies de son grand-père. Toutefois, on pouvait le trouver dans un certain nombre de manifestations proclamant la suprématie de la race blanche. S'il ne passait pas encore à l'acte, s'il ne se rasait pas encore la tête, c'était parce que Hélène surveillait d'un mauvais oeil cette évolution. Ses amis lui ressemblaient, et régulièrement, il discutait avec eux autour d'un verre de leurs idéologies communes. À cette époque, le jeu préféré de Reed était Call of Duty, dans lequel il se voyait défoncer tous les Arabes à coup de sniper. Il adorait les armes, il savait les maîtriser, et les démonter ; tout ce qui demandait une agilité avec ses mains, Reed était naturellement bon. C'était en partie pour ça qu'il se dirigeait doucement en ingénierie, la complexité de la machinerie distrayait son cerveau pragmatique.
« C'est qu'elle est bonne la rouquine, qu'est-ce qu'elle fout avec un mec comme toi ? »
La main sur la taille d'Hélène, Reed fronça les sourcils, il se tourna vers le grand noir qui venait de la siffler. Il le détailla, en silence ; le plus étrange, c'était qu'on avait habillé cet animal en humain. Il portait une chemise blanche, ainsi qu'une cravatte. Lorsqu'il lui sourit, il dévoila des dents immaculées ; il fumait devant le bus d'une école.
« Reed...
— Je te demande quoi ?
— Tu veux que je me répète ? »
Mais il n'était pas le seul chien ; autour de lui, une majorité d'enfants à la peau de cuir montait dans le bus. Il finit par relever les yeux sur le flanc de celui-ci, et par automatisme, il grava le nom de l'école inscrit dessus à la peinture blanche ; l'école se situait en Californie. Ses doigts s'enfonçaient doucement dans la taille d'Hélène, tandis que la colère remontait dans sa gorge. Elle toucha sa main, fébrile, puis elle l'encouragea :
« Grand-père a hâte de...
— Si j'étais à ta place, je lui ferais une bonne douzaine de gosses, c'est ça qui est bien avec nous, les blacks, on a des grosses...
— Des gros nez, ouais, si t'as des grosses narines, c'est...
— Tu fais le malin, le nain ? »
Le noir s'avança vers le petit blanc, il le toisa derrière ses sourcils épais, il grimaça, puis il ricana :
« Je vais la faire crier de...
— Et moi, je vais t'apprendre à fermer ta gueule.
— Ooooooh ! Venez voir, le nain blanc veut se frotter à moi ! »
Les adolescents se tournèrent vers le plus âgé, alors que Hélène murmurait tout bas à Reed de ne pas s'occuper de ce type. Elle tremblait, mais elle ravalait sa peur ; depuis ses douze ans, elle évitait comme la peste les altercations, ou ne sortait jamais seule. Malgré sa taille, Reed avait toujours su la protéger. Il la poussa, il fit un pas vers le noir, et il plissa les yeux.
« Je vais t'apprendre à te tenir en ma présence, sale nègre.
— Raciste en plus ? Bah voyons... »
Et le nègre lui cracha à la gueule. On l'acclama, on l'encouragea à le frapper, tandis que Reed essuyait son crachat du revers de sa main. Il faisait une tête et demie de plus que lui, ce qui en soit n'était pas difficile ; toutefois, Reed ne s'était jamais senti dénigré par rapport à sa taille. Hélène était à peine plus petite que lui, mais elle se retenait de porter des talons en partie pour ça. L'homme le chopa à son col, il alla pour le bousculer, mais à ce moment, Reed leva le poing. Il enfonça ses phalanges dans son nez de toute sa force, et lorsqu'il hurla, il vit une série de taches noires s'échapper de sa bouche. Sans plus attendre, il enfonça son pied dans ses couilles, il prit la main d'Hélène.
« Le petit blanc, il peut te castrer quand tu veux, il suffit de demander.
— Espèce de... »
Il montra sa paume aux enfants, il recula, puis il désigna le noir au sol :
« C'est ta place, sale merde. »
Reed profita du choc pour s'en aller.

« Ouais ! Vas-y défonce-moi ces connards de soviet !
— Il est vraiment beau ce jeu, dis Reed, tu l'as fini, toi ?
— Ouais, deux fois. »
Reed était assis dans le canapé d'un de ses meilleurs potes, il observait l'écran de télévision moucheté par du blanc, tandis que le mec à sa droite matraquait sa touche pour tirer dans le corps d'un pauvre soldat russe. Il coinça sa cigarette entre ses dents, puis il lui arracha la manette des mains, râlant :
« T'es con, faut pas vider son chargeur comme ça, c'est précis un sniper.
— J'ai pas la patience pour, râla son ami.
— Bah joue pas au sniper, c'est pas pour les cons.
— T'insinue quoi, Reed ? »
Ce dernier éclata de rire, et avec doigté, il termina la mission pour son ami. L'écran de Call of Duty : Black Ops se noircit, et signala la réussite de la partie. Reed saupoudra la cendre de sa clope sur la table basse, lançant :
« C'est pas difficile... tellement pas que ce jeu est chiant. »
On lui ébouriffa les cheveux, et on lui donna sa bière. Reed alla poser ses pieds sur la table, mais son portable vibra. En soupirant, il le décoinça de sa poche, puis il décrocha :
« Ouais ?
— Reed Rowe ? »
C'était une voix grave, Reed sentit son coeur s'arrêter de battre. Il se leva pour se mettre au calme, et il fit :
« Lui-même. C'est quoi ?
— Je suis désolé, Monsieur Rowe, mais nous avons trouvé le cadavre de votre épouse. »
Reed lâcha la clope sur la moquette, il écarquilla les yeux.
Son monde s'était écroulé.
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Reed Rowe
Chef Dark Sun
Sam 23 Juil 2016 - 23:11
Histoire : deuxième partie.

Une école en Californie, hein ?

Reed prit une grande bouffée d'air, il devait être sept heure du matin, quelque chose dans ces eaux-là. Il tripotait dans ses doigts la Croix de Fer que le vieil homme lui avait remis le jour de son mariage ; il avait besoin d'un tel rituel. Il fixait son visage dans le miroir ; sa face blonde, ses yeux clairs, ses sourcils. Il caressa sa mâchoire, il leva le menton, inspectant le duvet blond sous son cou. Il soupira, puis il prit la tondeuse. Il l'activa, il écouta son ronronnement, puis en agrippant ses cheveux blonds, il la passa sans hésitation sur son crâne. Une à une, ses mèches tombèrent dans le lavabo ou dans son dos, tandis que son regard suivait le chemin que la tondeuse traçait sur son crâne.
Quand il arriva devant le bâtiment, il était sept heures cinquante-neuf. Pas huit heures encore, mais bien sept heure cinquante-neuf. Dans sa voiture, Reed surveillait les élèves à la peau de cuir se diriger vers le pion, il cherchait sa proie parmi eux. Sans trembler, sans ciller, il patientait. Enfin, huit heure s'afficha sur la radio de sa voiture. Il plissa le front, et dans la marée colorée, il le reconnut. Ses mains se crispèrent sur le volant, il tendit tous ses muscles, puis il se calma en le voyant entrer dans l'école. Une fois que la foule se dissipa, et que le gardien referma  la grille, Reed s'étira sur son siège. Bien...
Reed mit la casquette, il s'inspecta dans le rétroviseur, et en prenant la boîte à outils, il sortit de la voiture. Il était habillé en tenue d'ouvrier, toujours un peu grand sur lui, surtout au niveau des jambes ; il avait retroussé le pantalon, mais il le sentait glisser. Tant pis, il n'avait pas le temps pour ce genre de détails. La rue était presque déserte, il se trouvait simplement une grand-mère promenant son chien un peu plus loin ; ils échangèrent un regard, et Reed lui lança :
« Il fait un peu chaud, non ?
— Oh si vous saviez, jeune homme, j'ai connu pire. »
Reed sourit à la vieille dame, puis il sonna à l'interphone du bâtiment :
« Oui ?
— Bonjour, je suis le chauffagiste, je viens pour la maintenance.
— Déjà ? S'étonna-t-on, vous deviez passer à...
— Huit heures l'informa Reed avec tranquillité, et il est huit heures dix.
— Eh bien... je vous ouvre ! »
Reed passa la porte, puis une fois dans le couloir, il fut accueilli par un homme de taille moyenne, un peu gras et à la peau mate.
« Je suis désolé, mais... c'est parce que vous êtes nouveau que vous arrivez à l'heure ?
— Oui, et puis, vous êtes mon premier client. »
Reed sourit à l'homme, avec politesse, puis il s'avança vers le portique. Sans étonnement, ce dernier sonna quand il le passa.
« Ah ?
— Ce sont mes outils, voyez. »
Reed posa l'énorme boîte à outils, puis il repassa sous le portique qui ne sonna pas.
« Vous savez où se situe la chauffagerie ?
— Ne vous inquiétez pas, mon patron m'a tout dit.
— Ah très bien, je vous laisse ! »
Reed hocha la tête, il prit la boîte à outils, puis il se dirigea d'un pas tranquille dans les entrailles de l'école. Sa respiration était basse, les battements de son coeur étaient stables ; il n'avait plus d'émotions, et c'était son cerveau qui commandait le reste. Plutôt que de descendre et rejoindre la chauffagerie, Reed alla dans les toilettes. Une odeur de nettoyant et d'humidité lui piqua le nez, pendant qu'il s'enfermait dans les cabinets. Il enleva sa casquette, il passa sa main sur son crâne nu, puis il ouvrit la boîte à outils. Il sortit la carcasse de son fusil d'assaut, il posa ses différents composants au sol, puis mécaniquement, en sifflotant, il le remonta. Il vérifia deux ou trois fois que tout était bien en place, puis il le chargea. La chaleur rendait ses mains moites, elles laissaient des traces humides sur l'arme. Enfin, Reed mit les écouteurs de son baladeur MP3, il s'alluma une cigarette, et il écouta leur chanson.


« I'm so happy!
AHA! Happy go lucky me!
I just go my way,
living everyday! »

Lentement, Reed sortit des toilettes. Il prit une grande inspiration, puis il frappa dans l'alarme incendie afin de la déclencher. Un son strident perça ses oreilles, alors que des taches blanches se mirent à danser devant lui. Il sentit les premières gouttes d'eau tomber sur ses épaules, il recula et se cacha contre un mur. Les réactions ne tardèrent pas.


« I don't worry!
Worrying don't agree,
Things that bother you,
never bother me! »

Peu à peu, les élèves sortirent des classes, en baragouinant contre l'eau qui dégoulinait sur eux ; leurs faces juvéniles et sombres suintaient, Reed sentit son estomac se serrer. Il mordit sa lèvre inférieure, puis il se mit en position. Oui, il savait que ces enfants n'avaient rien demandé, mais Hélène aussi n'avait rien demandé. Ses yeux bleus s'humidifièrent de larmes, il retenait son sanglot, avec la sensation d'étouffer, mais bientôt, il pourrait se libérer de son chagrin. Il aurait dû venir la chercher au conservatoire, il aurait dû être là pour la protéger. Depuis qu'il l'avait sauvé à douze ans d'un pédophile, il avait redoublé de vigilance, et ce soir là...
Les notes s'envolaient devant lui, des notes jaunes, évoquant le soleil, et la chevelure rousse d'Hélène.
Il était là.


« Things that bother you,
never bother me
I feel happy and fine!
AHA! »

Parmi les autres élèves, il se démarquait par sa chemise blanche, et devant eux, il n'avait pas le même visage qu'il lui avait montré lors de leur première rencontre. Ce connard. Il lui avait enlevé la seule chose qui comptait pour lui, et Reed s'apprêtait à lui montrer l'Enfer
Reed tira, pas une fois, mais bien deux fois.
Un cri déchira ses tympans, une brume rouge s'étala devant ses yeux, les notes n'étaient pas dissociables du sang. Le fusil d'assaut chantait sa rage, il expulsait son chagrin par des balles qui se logeaient dans les crânes et les poitrines des adolescents. Sa cible recula de plusieurs pas, tenant contre lui une jeune élève, les mains pleines de sang, il chercha l'origine des tirs, puis il le vit. Pendant une seconde, le monde s'arrêta ; le temps d'un regard, tout fut en suspens. L'eau tombant depuis le plafond, les élèves se jetant au sol ou contre les murs, les balles tirées au hasard, les couleurs de la musique s'étaient figées devant ses pupilles bleues. Reed était calme, et pourtant, il pleurait.


« Living in the sunlight,
loving in the moonlight
Having a wonderful time! »

Ouais, il allait prendre du bon temps.
Il pleuvait dans l'école, du sang, des larmes, des balles. Reed ne vivait que pour cet instant, où aveuglément, il déchargeait sa haine sur les élèves du connard qui lui avait enlevé Hélène. C'était forcément lui : un nègre. Lorsqu'il avait vu le cadavre de son épouse, violée et égorgée, il avait aussitôt pensé à cette sous-race de nègre. Celui-ci en particulier, pourquoi ? Pour se venger de son coup de poing, sans doute. Puis, enfermé dans cette spirale infernale, Reed allait à son tour lui démontrer qu'on ne le mettait pas en colère. Son cerveau fonctionnait au ralenti, chaque mouvement que faisaient ses victimes se découpait par séquence, et alors, il tirait. Il n'écoutait plus les hurlements de terreur des enfants, il s'attardait sur la musique résonnant dans ses écouteurs, il chantonnait. Oui, c'était leur chanson. Reed adorait la pluie.


« Haven't got a lot,
I don't need a lot
Coffee's only a dime
Living in the sunlight,
loving in the moonlight,
having a wonderful time! »

Un garçon, un peu plus courageux que les autres se jeta sur lui. Reed esquiva, la pupille rétrécit par la haine, puis il tira dans sa tête. Le sang gicla sur sa figure blanche, les fragments de son crâne volèrent, son corps retomba contre la fenêtre ; c'était plus réaliste que dans un jeu vidéo. Sans un regard pour son cadavre, Reed avança vers sa cible, il tirait devant lui, choisissant ses proies au hasard. Chaque corps tombant au sol était un morceau de son chagrin qui s'envolait. Chaque fois qu'il entendait cet homme hurler de peur et de peine, c'était sa rancune qui se gargarisait de tout ça. Ses bottes s'imbibaient du sang , le sol était rendu glissant à cause de l'eau, il faisait attention pour ne pas tomber. Les taches s'étaient transformaient en étoile, et dès que la musique changeait de rythme, qu'un instrument s'ajoutait ou s'en allait, à chaque fois que le fusil d'assaut crachait les balles, les étoiles scintillaient. Selon les sons que Reed percevait, elles changeaient de couleurs, elles scintillaient plus fort, ou elles s'éteignaient.


« Just take it from me,
I'm just as free as any daughter.
I do what I like,
just what I like,
and how I love it! »

Reed entendit un coup de feu, il se cacha à temps, et il posa ses yeux sur le gardien qui lui avait ouvert. Il se cacha derrière un mur, il vérifia vite ses munitions ; ses mains étaient moites, mais il ne tremblait pas. Derrière le gardien se trouvait le vrai chauffagiste, il eut un petit rire soufflé par le nez. ET BOUM BOUM ! Bande de cons, ce n'était pas pour rien s'il était bon à Call of Duty ! Leurs corps retombèrent contre le mur, à quelques secondes d'intervalle. Leur mise à mort provoqua une nouvelle vague de panique, les professeurs essayaient de ramener le calme, déchiré entre leurs responsabilités, et leurs égoïsmes. Si l'un d'entre eux voulait jouer aux héros, Reed l'abattait sans hésitation. Et dans le chaos, il s'avançait vers sa véritable cible ; il s'était prostré dans un coin.

« I'm right here to stay
When I'm old and gray,
I'll be right in my prime!
Living in the sunlight,
loving in the moonlight,
having a wonderful time! »

Oui... il devait vieillir avec elle ! Il aurait dû avoir un enfant avec elle ! Hélène avait été violée, tuée, plus jamais il ne pourrait voir son sourire ! Plus jamais il ne pourrait lui dire que ce n'était pas grave, et qu'elle pouvait porter des talons si elle le voulait ; lui, il s'en foutait de faire plus petit qu'elle. Tout ce qu'il avait voulu dans ce putain de monde, c'était la rendre heureuse. Grandir à ses côtés, vieillir à ses côtés, dormir sur son sein, et mourir dans ses bras. Il n'avait jamais demandé une vie palpitante, il n'avait jamais désiré aller plus loin que sa vie... être ingénieur n'avait pas été son rêve. Non, il voulait... Hélène. Il voulait la revoir, il voulait sentir de nouveau sa poitrine s'écraser contre son torse, lorsqu'il l'enlaçait. Il voulait de nouveau se mettre à rire en songeant à leur nuit de noces, où il avait vomi la Vodka Red Bull que les potes lui avaient fait goûter. Rire, danser, pleurer, vivre... avec elle.

Et... il ne savait même pas si c'était une fille, ou un garçon.


« Just take it from me,
I'm just as free as any daughter.
I do what I like,
just what I like,
and how I love it! »

Reed n'avait plus rien à perdre.
Il s'arrêta devant ce sale nègre, il pointa son fusil d'assaut sur lui.

« Pitié, arrêtez...
— Tu n'aurais jamais dû la toucher. »
Reed écrasa l'arme sur son front, il ne pourrait jamais esquiver, il ne pourrait jamais sortir vivant.
« Vous êtes qui ?
— Tu ne te souviens pas ? Le nain blanc sur qui tu as craché. Je viens faire justice.
— ... Quoi ? Non... justice de...
— Tu as tué la femme de ma vie.
— ... Ce n'est pas m... »


« I'm right here to stay,
When I'm old and gray,
I'll be right in my prime,
Living in the sunlight,
loving in the moonlight,
Having a wonderful time! »

Sa tête rebondit contre le mur, son sang tacha son visage pâle, mais l'eau ne tarda pas à le nettoyer. Puis, peu à peu, les étoiles cessèrent de clignoter, elles redevinrent des taches colorées, puis elles s'évanouirent devant ses yeux. Dehors, Reed entendait le bruit d'une sirène ; il ne savait pas exactement combien de victimes il avait faîte, et ça... il s'en foutait. Il examina le cadavre du nègre qui avait touché son épouse, il s'était attendu à éteindre le chagrin avec tout ça. Au fond, il se sentait détendu, calme, mais complètement vide. Oui, il avait su que ça ne la ramènerait pas. Mais... Reed était rancunier ; il n'avait pas pu la protéger, tout ça était de sa faute. Il essuya ses yeux, il avait assez pleuré.

Le silence.

« Toi ! Espèce de sale...
— Vous n'avez qu'à me tuer, proposa Reed. »
Le flic était apparu au fond du couloir, il pointait son pistolet sur lui. Reed ne bougeait pas, il ne cillait même pas, il gardait les yeux grands ouverts sur le cadavre à ses pieds. Le flic avança lentement, il pouvait tirer s'il le voulait, Reed ne comptait pas survivre.
« Non, je ne te tuerais pas, enculé. »
Reed eut un bref sourire, il se tourna lentement vers le flic. Un noir, bah voyons ! Il jetait des coups d'oeil horrifiés sur les cadavres jonchant le sol, ses mains tremblaient sur son arme, et il répétait :
« Je ne te tuerais pas, enculé, tu vas payer pour ce que tu as fait. Pour toi, ce sera la taule directe ! »
Reed tira sur sa cigarette, et enfin, il l'écrasa sous sa chaussure.

Son histoire fit la une des journaux : un néo-nazi descend une quinzaine de personnes dans une école à majorité noire. La cause ? Il aurait prétendu qu'un professeur de cette école aurait tué son épouse enceinte. De quoi alimenter les gazettes en histoires sordides, et les médias en propos sur l'insécurité, l'influence des jeux vidéos chez les jeunes, ou encore sur les théories du complot. Au moins, comme le 11 Septembre à New York, Reed alimenta l'Amérique en distraction. Pour certains, il était un héros, et pour d'autres, un connard de plus. On ne pouvait pas imaginer que le chagrin ait pu pousser un jeune homme à entrer dans une école, et ramener à Dieu ces âmes innocentes ; on trouva des justifications, telle que la névrose, ou la psychose. On préféra le juger fou plutôt que parfaitement conscient de ce qu'il s'était passé ; Reed observait le jugement qu'on rendait d'un regard vide, comme il pouvait l'avoir parfois devant la télévision. Il était le spectateur le plus éloigné de son propre sort. On l'assigna à la prison d'état de San Quentin, et à partir de là, Reed connut une longue descente aux enfers.
« Tu devrais te méfier d'eux. »
Reed fronça les sourcils, il releva ses yeux clairs sur un grand type décharné, qui lui désigna au loin un groupe de détenus. Ils n'étaient pas beaucoup, mais ils étaient reconnaissable à leurs crânes rasées, leurs figures blanches, ainsi qu'aux tatouages et différentes scarifications ornant leurs corps. Le type lui accorda un sourire, il lui manquait d'ailleurs une dent. Reed le détailla, et il remarqua que comme lui, comme le groupe de détenus plus loin, il avait le crâne rasé.
« Et pourquoi ?
— L'Aryan Brotherhood, tu connais ?
— J'en ai entendu parler à télé. »
Le type ricana, et il lui lança :
« Méfies-toi d'eux, ils ont pas d'humours, ces mecs. »
Puis sans rien ajouter de plus, il abandonna Reed dans la cour. Le jeune homme gardait les yeux plissés sur sa silhouette, et il remarqua qu'il portait une croix dans la nuque.

Reed songea qu'il n'y avait pas de justice en ce monde. Et cette idée s'accentua ce « fameux jour ». Il avait cru que la mort d'Hélène avait tué chez sa plus grande part d'humanité, mais la prison lui fit découvrir qu'on pourrait de nouveau le tuer. Un petit blanc d'1m65, en taule pour avoir massacré des nègres, qu'est-ce qui peut se passer à votre avis ?

« Je pourrais vous planter, doc, avant même que vous puisiez le voir venir.
— Oui, je me doute, répondit le jeune homme sans une once de peur dans la voix. »
Voilà ce qui plaisait à Reed : cette absence de crainte. Au moins, il n'était pas jugé sur son dossier. Il regarda ses ongles décharnés, puis il lança au psychologue :
« L'avantage avec l'hépatite B, c'est qu'on peut l'avoir qu'une fois ; c'est pas le cas de la Chlamidya »

Reed ne savait pas exactement comment il avait pu en arriver là, ou plutôt, ça s'était passé tellement vite qu'il ne se rendait pas compte de ce qu'il se passait. Il respirait l'humidité des douches, sa joue était écrasée dans la flotte, et il n'avait même pas assez de force pour crier. Oui, c'était peut-être la première fois de toute son existence où il ressentait de la terreur. Elle lui tordait le ventre, elle empoignait ses tripes, et il tremblait. Son cerveau était éteint, il n'était qu'un tas d'os et de chair, la douleur suintait depuis tous les pores de sa peau. De nouveau, il avait la sensation d'être le spectateur extérieur de ce qui lui arrivait. Mais plutôt que d'y être froidement indifférent, il était bouleversé par ce qui lui arrivait. Il reconnaissait les étapes pour les avoir passés à la mort d'Hélène : le déni. Il songeait que ça ne pouvait pas lui arriver, il se persuadait que ce n'était qu'un mauvais rêve, et qu'il allait se réveiller auprès de son épouse dans la seconde.
Il puait la sueur, tellement fort que dès que Reed inspirait, il était sur le point de vomir. Son menton râpait contre les dalles des douches, et devant ses yeux, il voyait une ombre noire symbolisant les ronflements immondes du nègre au-dessus de lui. Au début, Reed s'était débattu, il avait fait son possible pour se défendre, en frappant et grognant. Il avait réussi à le blesser à l'arcade, mais finalement, il s'était échoué au sol. Reed savait se battre, mais à plusieurs contre un, il ne pouvait pas faire plus.
Alors il subissait.
Ça faisait un mal de chien, tout ça. La douleur lui déchirait le cul, mais ce n'était pas la pire ; la plus affreuse, c'était celle qui l'étouffait depuis ses entrailles. Toute sa peau était sensible, si bien que le souffle brûlant du nègre lui arrachait des tressaillements de dégoût. Autour de lui, les autres riaient, et se foutaient de sa gueule, alors qu'impuissant, il attendait que l'Enfer s'arrête. Il faisait son possible pour ne pas pleurer, et ne pas donner ce plaisir à ses violeurs, il ravalait les larmes. Et finalement, lorsqu'enfin le nègre s'arrêta, en laissant ce liquide épais et immonde en lui, Reed ferma les yeux. Les autres tapotèrent l'épaule de leurs amis, et quelque part, Reed espérait les voir partir. Il ne pouvait pas bouger, il n'avait plus aucune force.
« Voilà ce qu'on fait aux petits blancs dans ton genre. »
On lui cracha dans le dos.
« Tu n'avais pas qu'à être un gros connard raciste, et massacrer nos frères ! »
Reed attendit que les portes se claquent, il attendit quelques secondes avant de se dire : ils sont partis. Il était seul. Mais les larmes ne vinrent jamais. Il décida de ne plus en verser à partir de ce jour.

Se reconstruire après tout ça... ? C'était vraiment possible ? Mais de nouveau, Reed pensa à la vengeance ; la colère, la haine, le dégoût, c'était ce qui lui permettait de survivre. Plusieurs jours après son viol, le temps qu'il fallut à son corps pour se remettre de ça, il trouva le groupe de détenus néonazis. Ils étaient facilement repérables, ils étaient peu, mais c'étaient des clones. Parmi eux, il retrouva sans surprise le type qui l'avait mis en garde. Pendant qu'ils fumaient dans la cour, et discutaient, Reed s'approcha d'eux d'un pas décidé. Il posa ses yeux bleus sur ce qui semblait être leur chef :
« Je veux intégrer l'Aryan Brotherhood. »
On le fixa, étonné, puis on lui envoya :
« T'es un nain, on accepte que les forts. »
Le chef ne disait rien, il se contentait d'observer la scène avec un regard amusé. Il promenait ses yeux sur ses épaules, son visage, un fin sourire moqueur sur ses lèvres. Il tira sur sa cigarette, on continua de moquer Reed, mais ce dernier répétait :
« Je veux vous rejoindre.
— T'es trop petit, Jo'... t'en penses quoi ? »
Jo' décoinça sa clope, il souffla de la fumée sur le visage de Reed :
« C'est facile, t'as qu'à tuer un des nègres. »
Reed hocha la tête. Tuer ? C'était facile.

« Putain... dépêche-toi ducon, ça me fait mal là ! »
Reed posa ses yeux sur l'infirmier, il était assis sur le lit, ses jambes pendaient dans le vide. Il grimaçait en voyant l'état de son pénis, songeant qu'en plus de le violer, cet enculé lui avait transmis une saloperie. Il était entouré de deux gardiens, et d'un infirmier qui n'osait pas trop le regarder, par pudeur. Pour sa part, après ce qu'il s'était passé dans les douches, il se foutait bien qu'on le voit à poil. Et de toute façon, c'était le cadet de ses soucis.
« Ne grattez pas, Monsieur Rowe.
— C'est facile à dire pour vous, ça me gratte à mort putain ! »
Reed perdait patience, il fermait les poings pour éviter de déchirer toute la chair au bout de son sexe, la poitrine gonflée, il stressait en réalité. L'infirmier se rapprocha, il l'inspecta silencieusement, puis il soupira.
« Je vais vous faire une prise de sang, et m'assurer que vous n'avez pas autre chose.
— Ouais ouais...
— Vous avez peur des aiguilles ?
— Ta mère est une pute. »
Jamais Reed n'avait été aussi désagréable, mais ça le démangeait tellement fort que ça le rendait dingue ! Il présenta son bras à l'infirmier, il le laissa planter l'aiguille, mais il finit par gronder de frustration. Sa main se rapprochait de son entrejambe, mais le gardien lui balança :
« Mec, c'est une mauvaise idée.
— J'ai quoi ?
— La chlamydia.
— La quoi ? »
Reed grimaça, et enfin, l'infirmier consentit à le lâcher. Ce dernier se tourna vers les gardiens, il jeta les déchets, puis il rangea son tube de sang en lançant :
« Il va devoir rester ici en observation quelques jours, le temps que les antibiotiques fassent effet. »
Reed soupira, mais au moins, il était à l'infirmerie, seul. On lui ordonna de s'allonger, et pendant trois jours, il attendit que la maladie disparaisse de son corps. Il pensait à ce que Jo' lui avait promis : le meurtre d'un nègre payerait son entrée à l'Aryan Brotherhood. Il avala sa salive, il se tourna et se retourna plusieurs fois, puis il eu une idée. C'était la veille de sa sortie, il observait l'infirmier derrière ses papiers, en train de tapoter des trucs à l'ordinateur. Il examina l'endroit, il faisait du repérage ; l'armoire à pharmacie était derrière le gars. Très bien... il n'avait qu'à saisir l'opportunité qu'on lui tendait. Il entendit alors le portable de l'infirmier sonner, ce dernier fronça les sourcils, et il jeta un regard au prisonnier. Reed fermait les yeux, il faisait mine de dormir. Le jeune homme hésita, il s'avança vers lui, puis il décrocha en sortant de l'infirmerie. Si Dieu existait, il devait l'apprécier en particulier.
Reed bondit depuis le lit, il fonça sur l'armoire à pharmacie. Il ne s'attarda pas sur les bandages, il cherchait quelque chose en particulier. Il prit du désinfectant, il referma le placard, et il revint sur son lit de malade. Là, il cacha la bouteille dans ses vêtements. L'uniforme était un peu trop grand pour lui ; on ne remarquerait pas son vol. L'infirmier s'énervait au téléphone, Reed percevait sa voix partir dans les aigus sous l'énervement. Il ricana, puis il fit mine de dormir.

Reed était de nouveau calme. C'était étrange la façon dont ses émotions pouvaient s'éteindre, lorsqu'il préparait quelque chose. Dans la cour, il était guéri de la chlamydia, il sentait le soleil cuire sa peau blanche. Il repéra le groupe de noirs l'ayant agressé dans les douches, et parmi les autres détenus, il profitait de sa petite taille pour se rapprocher sans être vu. L'Aryan Brotherhdood traînait pas loin, Jo' était entouré de ses hommes, et avec nonchalance, il parlait de Tolkien ; ce type paraissait déjanté, mais cultivé, songea-t-il. Son pas se faisait tranquille, les sons diffusaient une douce lumière devant lui. Son pantalon traînait par terre, alors que lentement, il se dirigeait vers les nègres. Il donna un petit coup d'épaule pour passer entre deux mecs baraqués, puis il se trouva face à son violeur.
« Tu veux quoi, le nain ? »
Reed ne répondit pas, son violeur échangea un regard avec les autres, il ricana, puis il se détacha du groupe. Il avança vers lui, il faisait deux têtes de plus que Reed, peut-être les trois quarts de son poids. Reed plissa les yeux, il le détailla en levant le menton. Ouais, il le méprisait ; ce qu'il détestait ? C'était l'odeur de sueur des noirs. Même un chien sentait meilleur.
« Ah... je vois tu veux que je recommence ? Tu t'es rendu compte que tu as aimé ? Laisse-moi trouver un coin sombre. »
Son violeur toucha son épaule, il le tira, afin de l'emmener effectivement plus loin. C'était ce que Reed voulait, l'éloigner des autres. Il se laissa faire, puis il le bouscula soudain.
« On change d'avis ? Lança son violeur.
— J'ai besoin de fumer. Tu sais... ce que j'adorais à l'extérieur ? C'était un bon barbecue du dimanche.
— Ne raconte pas de conneries. »
Reed sourit.
Il craqua une allumette, puis sans prévenir, il jeta sur le nègre le contenu du flacon de désinfectant. Ce dernier recula trop tard. À quelques pas, Jo' et les autres redressèrent la tête, ils observèrent enfin la scène.
« T'es con ? Qu'est-ce qui... »
Et Reed se jeta sur le nègre. Il ne lui laissa pas la chance de l'esquiver, car il attrapa son cou, et il foutu l'allumette dans sa combinaison orange qu'il gardait ouverte. Il sauta en arrière, puis une vague de taches noires s'éparpilla autour de lui, le feu couru sur sa peau de cuir. Il poussa plusieurs cris, il recula, il gesticula dans tous les sens, alors que ses amis se ruèrent sur Reed. Ce dernier bandit les muscles, tandis que le chaos revenait danser autour de lui. Les flammes bouffaient la peau de son violeur, et avec plaisir, il savourait ses ronflements de douleur. On tenta de l'attraper, il esquiva à nouveau, il fit voler ses jambes et frappa un de ses adversaires sous le menton.
« Les mecs ? On y va ! Rugit Jo' derrière Reed. »
Et avec un sourire satisfait, Reed vit l'Aryan Brotherhood le rejoindre au combat. Il était des leurs.
Jo' l'attrapa dans le dos, il le tira en arrière, et le fit tomber. Il bloqua le coup de couteau à sa place, en attrapant le poignet de leurs ennemis. Et là, un ouragan blanc se dressa face à la vague noire. C'était étrange, car même si l'Aryan Brotherhood était peu, ils n'avaient pas besoin de ça pour surpasser leurs adversaires. En les voyant se battre avec lui, Reed comprit que Jo', les autres, étaient comme lui. Nerveux, mais pragmatique, cruels, mais calme. Jo' n'était pas aussi agile que lui, mais il avait le mérite de frapper là où ça faisait mal. Si bien que malgré tout, l'ouragan blanc balaya la marée noire. Reed riait, il se nourissait de toute cette violence, et bon sang ! Il comprit qu'il était né pour voir ce monde brûler !

Cet évènement signa deux choses : la première avait montré qu'il ne fallait pas s'attaquer à Reed Rowe, et qu'il valait les hommes plus grands que lui. Sa petite taille ? Ce n'était qu'un leurre, car il cachait une teigne, il était bon en Taekwendo. La deuxième grava dans ses épaules la croix gammée, et ce fut ainsi que sa vie en tant que membre de l'Aryan Brotherhood commença. Parmi eux, Reed se retrouvait, et parmi eux, il retrouva ce qui lui manquait depuis la mort d'Hélène : une famille, et des amis. Jo' était intelligent, pas autant que lui, mais il avait une forme de sagesse. Il allait mourir ici, il s'était fait une raison, mais au bout de dix ans passés en prison, il avait acquis de l'expérience. L'on peut dire que d'une certaine, Reed trouva en lui son premier, et vrai meilleur ami. Jo' partageait une culture similaire à la sienne, il pouvait rester des heures à lui parler de la Norvège, un pays qu'il avait toujours voulu visiter enfant, et en contrepartie, Reed lui apprenait tout un tas de choses pratiques. Son cerveau logique adorait les mathématiques, ou encore défaire les machines ; il lui raconta le plan qu'il avait échafaudé pour tuer le connard qui avait tué Hélène. Du moins, celui qu'il pensait être le tueur.  
« On pourrait s'enfuir, avança Reed.
— Et tu t'y prendrais comment ?
— En me faisant passer pour un gardien.
— Pas con, admit Jo', mais t'es cramé avec ta taille mec, je ne crois pas qu'on accepte un gardien aussi petit. »
Reed fit la moue, puis il montra qu'il n'avait pas dit son dernier mot.

En tant que membre de l'Aryan Brotherhood, Reed voyait plus la cellule d'isolement que celle qu'on lui avait attribuée en arrivant ici. Et il savait que c'était aussi le cas pour Jo'. Pendant les longues heures d'attentes, il consolidait, et rejouait son plan plusieurs fois dans sa tête. Il ne s'énervait pas, il n'angoissait pas dans le noir, il se contentait de marcher, touchant les murs pour ne pas les rencontrer malencontreusement. Il n'avait pas une idée précise de l'heure, mais ce n'était pas grave, il avait le temps. Quand le gardien ouvrit la trappe au sol pour y glisser son plateau-repas, Reed sut que c'était le bon moment pour passer à l'action.
« J'ai pas faim.
— Je m'en fous, Rowe, tu manges quand même. »
Et en réponse, Reed frappa dans le plateau pour le renvoyer au gardien. Ce dernier soupira, et il lui gronda :
« Si tu recommences, je t'en colle une. »
En prison, Reed avait vite compris comment l'autorité marchait, et ce simple rejet avait pour but de remettre en cause celle du gardien. Quand ce dernier refit glisser le plateau, Reed le lui renvoya d'un coup de pied plus fort, il devina au bruit qu'il l'avait renversé.
« Putain, t'es vraiment un sale petit con ! »
Ragea le gardien en ouvrant la porte. Reed était calme, à nouveau ; il réagissait mécaniquement aux situations. Il se mit dans un coin, et lorsque le gardien fit l'erreur d'entrer, il bondit dans son dos. Son premier réflexe fut de coller son avant-bras sous son cou, il le serra de toutes ses forces. Il plaqua sa main de libre sur sa bouche, tandis que ses jambes enserraient sa taille. Il lui écrasa la tranchée, puis lorsqu'il perdit connaissance, Reed consentit à le relâcher. Il vérifia si son pouls battait encore, et voyant que oui, il l'acheva avec sa propre matraque. Le temps de terminer son opération, il referma la porte, il passa l'uniforme du gardien par-dessus le sien, et il récupéra ses affaires. Il laissa le cadavre là, il sortit, et il ferma la porte de la cellule d'isolement à clef.
Maintenant, Reed devair retrouver Jo', normalement, il n'était pas loin. Il fouilla dans les poches du pantalon à la recherche d'informations, et comme il n'en trouvait pas, il se contentait de demander à chaque cellule habitée si Jo' était là. Reed était trop petit pour voir à travers la grille, même en se levant sur la pointe des pieds.
« Ouais, c'est moi. »
Répondit enfin son meilleur ami. Reed ouvrit la cellule, il entra, et ils échangèrent tous les deux leurs costumes ; Reed était plus apte à garder son rôle, toujours à cause de sa taille.
« Ne serre pas les menottes, je dois pouvoir faire glisser mes poignets, en cas de problème.
— Ouais, je sais. Tu me fais confiance ?
— Blood in, Blood out, lui assura Reed. »
Jo' hocha la tête, puis il l'embarqua dans le couloir.
Ce fut la première tentative d'évasion de Reed, et comme l'indique son dossier, il a échoué.

« Avez-vous déjà été trahit au sein de l'Aryan Brotherhood ?
— Allons doc, je sais qu'on est en taule, mais vous croyez qu'on est comme ça, là-bas ?
— C'est pour cela que je vous pose la question. »
Mais Reed n'avait pas envie d'y répondre, le souvenir était encore trop récent. Il secoua la tête, il se frotta les yeux. Le psychologue face à lui se demanda à quel point avait-il pu viser juste, puis Reed soupira :
« Non, Jo' ne m'a jamais trahi, mais il s'est fait descendre par un connard de gardien. Il a fait mine de me prendre en otage, parce qu'on s'est fait repérer, et on lui a éclaté la cervelle. »

« J'ai mal au ventre putain de merde ! »
Reed gesticulait sur le brancard, il tirait sur les liens de toutes ses forces, mais il ne pouvait que sentir la morsure du cuir dans sa peau. L'infirmier près de lui tremblait un peu, il se tenait difficilement contre la parois de l'ambulance, alors que la perfusion se balançait à chaque virage. Reed continuait de crier, il bavait, il secouait la tête, et il rageait :
« Connard, fous-moi de la morphine !
— Je ne peux pas vous administrer plus, Monsieur Rowe... je suis désolé... je...
— Mais tu sers à rien, tu fais chier ! »
Reed avait la pupille dilatée, il respirait fort, le front moite. Il commença à lever la tête, et il retomba brutalement, il se cogna plusieurs fois de suite. On aurait dit qu'il espérait tomber dans les pommes, et au moins faire taire la douleur qui tiraillait son ventre. Il se secoua comme il put dans les liens, alors qu'il pouvait entendre le chauffeur râler :
« Qu'il se calme, fous-lui de la morphine !
— Non... c'est trop... »
L'infirmier était en panique totale, au point où Reed se demandait sérieusement ce qu'il avait avec les stagiaires. C'était à chaque fois sur lui que ça tombait ; un demeuré de plus, mais ça l'arrangeait. Il gonfla la poitrine, il  tira de nouveau les mains sous les liens. Il mordit sa lèvre à sang, il émit un ronflement, il cracha sur le côté un mélange de bile et de sang. Il continua de taper son crâne rasé contre le brancard, il insultait l'infirmier de tous les noms. Les sons se diffusaient devant lui, courant partout, alors qu'il entendait l'infirmier chipoter à ses aiguilles. L'ambulance allait vite, c'était dangereux ; un accident pouvait vite arriver.
« Merde... non... non ! Gronda Reed. Je vais... oh putain, détache-moi enculé !
— Je n'ai pas le...
— JE VAIS ME CHIER DESSUS ALORS DÉTACHE-MOI ! »
L'infirmier recula, il avait les mains tremblantes, il posa l'aiguille sur le plateau près du brancard, tandis que Reed hurlait toujours. Le chauffeur lança :
« Putain, mais il est dégueulasse ce mec ! Salis pas mon ambulance, sérieux ! »
Reed prit une inspiration, et il rugit :
« TU CROIS QUE JE LE FAIS EXPRÈS DUCON ?? »
Le chauffeur freina au feu, abruptement, Reed observa l'infirmier manquer de s'éclater contre les portes de l'ambulance.
« T'es sûr que c'est l'appendicite ? Demanda le chauffer, et pas plutôt une grosse diarrhée ?
— C'est... il en a tous les symptômes, avança l'infirmier. »
Ce dernier se rétablit, et alors que l'ambulance redémarrait plus doucement, il entreprit de détacher Reed. Il défit d'abord le bras de gauche, puis celui de droite. Il alla s'occuper de ses jambes, et enfin libre, Reed attrapa l'aiguille. Son bras se leva en l'air, il fixait droit dans les yeux l'infirmier, lorsqu'il planta l'aiguille dans celui de gauche. Reed plaqua sa main sur sa bouche, puis il lui claqua le crâne contre la parois de l'ambulance jusqu'à le tuer. Il essuya la sueur sur son front, il examina le cadavre à ses pieds, éborgné par l'aiguille pleine de morphine. Il laissa le silence s'installer, il se tenait difficilement, tant le chauffeur était rude... et quand il sentit l'ambulance ralentir, il ouvrit les portes.
« Il s'est calmé ? »
Demanda le chauffeur, mais il n'obtint pas de réponses.
Reed mit sa tête entre ses bras, il roula sur la route, et quand enfin il s'arrêta, il se releva. En vitesse, avant que la voiture à quelques mètres ne fonce sur lui, il se jeta sur le côté. Putain ! Il avait réussi ! Il était arrivé à ses fins ! Il était dehors ! Jo' ne le croirait jamais, s'il était encore là. Il poussa un grand :
« YOUUUUUUUUUUHOUUUUU ! »
De joie en levant les bras vers le ciel rempli d'étoiles. Oh bon sang, ça faisait un bien fou ! Il savourait l'humidité de l'air, le froid de la nuit, et le sentiment d'être invincible. Ce n'était pas la société qui aurait la peau de Reed Rowe. Mais il ne devait pas s'attarder, ce n'était qu'une question de temps avant que le chauffeur ne se rende compte de ce qu'il venait de faire. Il s'engouffra dans les bois alentour, il courut avec les forces qui lui restaient. Il n'avait pas la moindre idée de l'heure, il était épuisé, mais enfin la liberté lui donnait une force nouvelle. Bientôt, il serait recherché, bientôt, il y aurait une chasse à l'homme. Il ne devait pas se faire avoir, pas une seconde fois. Il marcha au bord de la route un long moment, jusqu'à trouver un camping-car garé près d'une aire d'autoroute. Il se cacha derrière une poubelle, et il observa le couple qui trinquait à la lumière des phares. Il pensa à Hélène, mais il refoula le chagrin qui perfora son coeur. Quel âge avait-il, déjà ? Quel âge aurait-elle ? Il avait...
Vingt-et-un ans. Hélène ne les aurait pas encore eus.
Reed fronça les sourcils, il écouta la musique que le couple écoutait, et il observa les sons tacher leurs visages. C'est lorsque le couple se sépara en deux qu'il vit alors... qu'il s'agissait de deux femmes. Reed grimaça, il inspecta sa tenue orange, il devait faire vite. Il attendit que la première monte dans le camping-car, avant de passer à l'attaque. Il se fondit dans l'ombre, il se cacha à l'arrière du véhicule, et il repéra une pelle posée un peu plus loin. La gouine était sur le point de remonter, alors Reed passa à l'attaque. Il attrapa la pelle, et il écrasa la tranche dans le cou de sa victime. Elle tomba en avant, il s'acharna sur son crâne jusqu'à la tuer ; il ne faisait pas confiance aux faux morts.
« Bree ? »
Sa compagne rouvrit la porte du camping-car, elle lâcha son verre, et elle poussa un cri. Reed râla, il alla foncer sur elle, mais elle lui envoya un coup de pied dans le ventre. Il eut le souffle coupé, tandis qu'elle remontait dans le véhicule. Il fondit dedans, il la tira par les cheveux, et il la jeta au sol. Il l'aurait tué, elle aussi, si une lampe torche ne lui avait pas dardé sa face blanche.
« Qu'est-ce que... AU MEURTRE ! »
Reed grogna, il referma la porte du camping-car, et il se jeta sur le siège conducteur, il alluma le contact. Il profita du moment de panique pour prendre la fuite.
 
Reed fut attrapé une semaine plus tard, après avoir mis le feu à un char de la Gay Pride. Il était parvenu à monter dessus, portant des vêtements de femmes qu'il avait piqués aux deux gouines ; l'avantage lorsqu'on fait sa taille, c'est que l'on peut rentrer dans un peu près tout. Au début, on crut qu'il allait faire un discours sur l'amour de sois, et des autres, et c'était le cas... jusqu'à ce qu'il asperge d'essence le char. Reed adorait le feu, c'était comme si l'Enfer en lui prenait brusquement vie. Il voyait les sons se mélanger aux flammes dans une danse sensuelle, se fondant les uns dans l'autre. Il fut de nouveau jugé, et sa peine se rallongea considérablement ; il évita la peine de mort. Toutefois, plutôt que de le ramener à San Quentin, et comme, il était un membre actif et respecté de l'Aryan Brotherhood là-bas, on décida de l'envoyer à Lancaster. Autant dire que son arrivée fit un bruit énorme, il s'était échappé, il n'était pas à son premier crime ; il était le petit blanc aux yeux enfoncés dans ses orbites. La teigne qui pouvait aussi bien parler de Nietzshe qu'envoyer un mec au sol d'un bon coup de pied. Au vu de son passé à San Quentino, il était naturel qu'il se retrouve chez les Othala's Blood. Chez eux, il sert d'assassin, de trafiquant d'armes ; sa connaissance, son agilité lui ont permis de faire ses preuves. Et si depuis deux ans qu'il se trouve ici, Reed parait calme, c'est parce qu'il attend, patiemment.

« Alors, doc, verdict : je suis un putain de taré, ou pas ? »
Demanda-t-il au nouveau psychologue, une tasse de café dans les mains. L'air de rien, Reed avait des manières, il se tenait droit dans le sofa. Il imitait les manières précieuses du jeune homme, sans se moquer, mais comme s'il renouait au Vieux Monde qui avait été le sien. Il fixait son vis-à-vis, un sourire narquois sur sa face cadavérique. Si l'autre ne se trompait pas, il le reconnaîtrait comme un des siens. Le jeune homme joint les mains sur ses jambes croisées, il lui répondit enfin :
« Non, vous n'êtes pas fou, vous vous êtes simplement adapté au chaos. »
Reed ricana, il reposa la tasse de café sur la table basse. Il pointa son index et son majeur sur la tempe, et il souffla :
« C'est ce que je me tue à leur répéter depuis mes dix-neuf ans... mais vous savez ce qu'on dit, doc ? Être le seul sain d'esprit en plein milieu de fous fait de vous le véritable fou. »

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Reed Rowe
Chef Dark Sun
Sam 23 Juil 2016 - 23:52
Hé ! Comme je sais que la fiche est un peu BEAUCOUP trop longue, et je m'en excuse, je vais faire un rapide résumé.

Spoiler:
 

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La Directrice
Directrice
Jeu 28 Juil 2016 - 18:11
Tu es validé !


Bienvenue a toi cher fou furieux =)
Fiche longue, intense et intéressante
Je trouve que ce personnage est bien élaboré même si évidement plutôt inquiétante pour le restant de l'humanité >_>

Je ne vois pas pourquoi on ne validerai pas ta fiche cependant juste fais attention a garder des faiblesses a ton personnage.
Pour ta place dans le gang Othala's Blood je pense que ton personnage pourrait être proche d'Hayd car de par leur histoire ils ont des points communs et que Reed peut clairement servir pour bien des missions. Il aura surement une place de choix parmi le cercle des hommes les plus proches d'Haydh mais celui-ci risque de le garder sous surveillance car un élément aussi instable que ton perso vaut mieux le garder à l'oeil. ^^' Donc bras droit non mais membre de choix assurément u_u


Félicitations tu es à présent validé, tu peux librement poster tes rps. Pour ton information, n'oublie pas d'aller recenser ton avatar, tu peux aussi aller créer ta fiche de liens ou encore consulter la liste des codétenus là, si tu es un aliéné.

Une rumeur te sera bientôt délivrée !

Amuse toi bien parmi nous !
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Reed Rowe
Chef Dark Sun
Jeu 28 Juil 2016 - 23:53
Hello !

Merci pour la validation, ne t'en fais pas, je ferais attention au Grosbillisme, puisque c'est aussi le genre de trucs qui me brrrr. De plus, je me soucierais surtout de mes partenaires de RP, et de leur ressentis vis-à-vis du jeu, histoire de ne pas faire de boulette, ou de justement ne pas jouer de Gary-Sue.
Pour sa place, effectivement, je mets "Proche d'Hayd/membre de choix", et oui, le but est de faire une "bombe" prête à exploser ou non (ça dépendra tout simplement du jeu xD)

Merci encore :)

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